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  • Le matin du 10 juin 1944, des chenillettes chargées de soldats allemands s'arrêtent à Oradour-sur-Glane. Cette bourgade paisible, proche de Limoges, compte au total 1200 habitants.

    La compagnie qui vient d'y pénétrer appartient à la division SS Das Reich du général Lammerding.

    Les Allemands ont été attaqués dans les jours précédents par les maquisards qui veulent freiner leur remontée vers la Normandie où les Alliés viennent de débarquer. En guise de représailles, le général Lammerding ordonne à la compagnie de détruire Oradour-sur-Glane. La compagnie SS compte environ 120 hommes qui se sont déjà illustrés en Russie dans l'extermination des populations civiles.

    En début d'après-midi, le bourg est cerné et la population rassemblée sur le champ de foire sous le prétexte d'une vérification d'identité, sans oublier les enfants des écoles.

    Les SS agissent dans le calme et la population s'exécute sans broncher.

    Les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Ils sont divisés en six groupes et enfermés dans des granges, sous la menace de mitraillettes. Vers 16 heures, les SS tirent des rafales et tuent les malheureux en quelques secondes. Puis ils mettent le feu aux granges bourrées de foin et de paille où gisent les cadavres.

    Pendant ce temps, les femmes et les enfants sont enfermés dans l'église et des SS y déposent une caisse d'explosifs et de la paille. Le feu commence de ravager l'édifice. Pour s'assurer de l'extermination de tous les occupants, les SS leur tirent dessus.

    Leur forfait accompli, ils pillent le village et achèvent de l'incendier. Au total, ils laissent 642 victimes. Parmi elles 246 femmes et 207 enfants, dont 6 de moins de 6 mois, brûlés dans l'église. Oradour-sur-Glane est devenu en Europe occidentale le symbole de la barbarie nazie.


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  • Quels leviers concrets pour notre proposition de Pôle Financier Public dans le nouveau rapport de forces politiques national et européen ?


    Mise en perspective pour la campagne des législatives

     

    Contexte politique. En pleine crise de l’euro, alors que la CGT annonce 45 000 suppressions d’emplois et que les rencontres d’aujourd’hui entre le gouvernement et les syndicats préparent une conférence sociale prévue avant le 14 juillet, la question fondamentale – quelles transformations radicales, mettant en cause graduellement les fondements du capitalisme pour sortir de la crise – prend une forme extrêmement concrète mais angoissante : l’élection de F. Hollande va-t-elle déboucher sur un échec, une nouvelle déception historique et  la perspective d’une arrivée de l’extrême-droite, sous une forme ou une autre, au pouvoir, ou bien réussirons-nous à conquérir de nouveaux pouvoirs des citoyens contre les marchés financiers, pour imposer de nouveaux objectifs sociaux ? Poser la question en ces termes, c’est rechercher les terrains sur lesquels nous pouvons imposer une confrontation entre les conceptions qui inspirent le nouveau gouvernement et celles qui seraient à même d’ouvrir la voie à des solutions à la crise.


    La  question des moyens financiers pour faire face à la crise apparaît alors comme stratégique.


    ·         Moyens budgétaires, pris dans la contradiction insurmontable entre engagement de réduire le déficit à 0 en 2017 et politiques d’austérité ; moyens privés : les investissements (et, parfois même, le fonctionnement) des entreprises et des collectivités publiques sont paralysés par le blocage de l’accès au crédit. Après avoir fortement reculé en 2009 et 2010, les crédits aux entreprises ont progressé très modérément en 2011, et ralentissent depuis le début 2012, en France  Surtout, les projets qui ne sont pas considérés comme porteurs de perspectives suffisantes de rentabilité – dans les PME ou dans les collectivités territoriales par exemple – se heurtent de plus en plus souvent à un refus pur et simple de la part du système bancaire.

    Dans ce contexte, notre proposition de pôle financier public recueille un écho tel qu’on oublie maintenant le plus souvent d’où elle vient et dans quel contexte elle se place. L’objet de la réunion d’aujourd’hui est d’examiner en quoi elle peut nous aider à peser dans le sens des solutions indispensables à la crise, en prenant en compte l’ensemble des éléments de la situation présente. 


    1. Enjeux politiques autour du pôle financier public

    1.1. Pourquoi il faut un pôle financier public

    NoNous ne concevons pas cette proposition comme un moyen magique de résoudre les problèmes de financement. C’est une pièce dans un dispositif plus vaste qui vise à instaurer un pouvoir des salariés et des citoyens « du local au mondial ». C’est pourquoi un aspect central de l’organisation et du fonctionnement du pôle financier public est l’exercice de pouvoirs en son sein par les salariés des institutions qui le composent, et aussi de ses usagers – c’est-à-dire, en particulier, de tous le citoyens dont l’emploi dépend du financement de la création de richesses sur les territoires où ils vivent ; l’objet des fonds publics régionaux pour l’emploi et la formation qui constituent un ensemble avec le pôle financier public est précisément de mettre des instruments institutionnels entre les mains des citoyens pour exercer ce pouvoir ; mais ce pouvoir est conçu pour s’exercer à tous les niveaux de décision qui importent en matière de financement, et donc à celui qui est le plus puissant dans l’ordre institutionnel actuel : celui de la BCE. Nous proposons que les projets « labellisés » par la population via les FREF et le pôle financier public bénéficient d’un refinancement préférentiel par la BCE et les banques centrales qui, avec elle, forment l’Eurosystème. Ce serait là une base pour une politique monétaire sélective au service de l’emploi, de la formation, de la création de richesses et de la préservation de l’environnement dans les territoires. Cela pourrait aussi être l’une des utilisations du Fonds social et écologique européen pour lequel le PGE fait campagne ; l’usage de critères économiques, sociaux et écologiques donne sa cohérence à cette construction institutionnelle.

    Cet ensemble de caractéristiques distingue notre conception de deux autres, avec lesquelles nous devons dialoguer : une conception étatique qui vise un retour à des circuits de financement administrés, comme dans les années 60 ; une conception présente dans le mouvement syndical qui distingue une collection d’institutions spécialisées dans différents domaines (financement du logement, des collectivités territoriales, collecte de l’épargne…) exerçant des missions d’« intérêt général » qui ne comportent pas le principe de cohérence apporté par de nouveaux critères de gestion et de financement.


    1.2. Les projets des socialistes 

    ·         Une Banque publique d'investissement dotée de fonds régionaux. Alimentée par l'essor des « Livrets A », dont le plafond serait doublé, elle s'appuierait sur les Régions et la prise de contrôle publique d'entreprises pour soutenir les PME et les filières d'avenir;

    ·         Un livret d'épargne - industrie dédié au financement des PME (proposition de la CGT);

    ·         Un redéploiement des aides publiques et des allègements fiscaux vers les entreprises investissant e n France et qui sont offensives à l'exportation, remboursement des aides publiques pour les entreprises qui délocalisent;

    ·         Fiscalité incitative des entreprises avec augmentation de l'impôt sur les sociétés (IS) pour corriger l'inégalité d'imposition dont souffrent les PME, modulation du taux de l'IS pour encourager l'investissement des profits dans l'activité en France;

    ·         Réforme bancaire pour « mettre les banques au service de l'économie : séparation des activités spéculatives, interdiction d'exercer dans les paradis fiscaux, augmentation de 15% de la taxation des bénéfices des banques./..

    Alain Rousset : « On espère doter la BPI de 20 milliards d’euros de capitaux propres. […] Le programme de François Hollande prévoit de doubler le plafond du LDD et d'affecter son produit à l'industrie. [En outre,]  il faut régionaliser la distribution des fonds. Le centralisme français dessert l'industrie. En Allemagne, les Länder sont actionnaires des caisses d'épargne, qui sont elles-mêmes actionnaires des ETI. […] Les dépôts issus du livret d'épargne industrie seraient centralisés à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). […] La banque publique pourrait s'appuyer sur le savoir-faire de la CDC, qui a déjà pour mission le financement en fonds propres des PME via sa filiale CDC Entreprises (5,2 milliards d'euros sous gestion au 30 juin 2011). […] Je ne suis pas sûr qu'il faille tout fusionner. On peut très bien avoir plusieurs structures de financement. Je n'ai pas de reproches à faire à Oséo. Elle a de bonnes actions, mais elle ne peut suppléer au retrait des banques, imposé par Bâle III. »

    Le projet le plus significatif, du point de vue de notre conception d’un pôle financier public, est la création d’une banque publique d’investissement. Ce projet a trois faiblesses. La première est leur caractère étatique, qui ne prévoit pas l’intervention directe des citoyens dans le choix des projets à financer ; la seconde est l’accent mis sur le recyclage de l’épargne et non pas sur la mobilisation du crédit et de la création monétaire qui l’accompagne ; la troisième est l’imprécision et l’ambigüité des critères qui guideraient l’action de la nouvelle institution.


    2. Pôle financier public et « Banque publique d’investissement »

    2.1. Quelle architecture pour le pôle financier public ? Bras armé de l’Etat ou instrument de conquête de nouveaux pouvoirs par les travailleurs et les citoyens ?

    À sa première mention, ce projet pouvait faire craindre la résurgence d’un mégaprojet étatique consistant à mettre en place un organisme unique piloté par Bercy.

    Il semble que les idées en circulation soient un peu plus complexes. Le scénario le plus vraisemblable prévoit d’intégrer les outils existants (Oséo, Fonds stratégique d’investissement, CDC entreprises) au sein d’un guichet unique sous l’égide de la Caisse des dépôts et consignations.

    La nouvelle banque conserverait deux branches distinctes, l’une pour les investissements en fonds propres (FSI, CDC entreprises), l’autre pour les crédits (Oséo).

    François Drouin, président d’Oséo, a confirmé la philosophie du dossier qui pourrait être bouclé au cœur de l’été. « François Hollande veut rapprocher deux métiers sous la même gouvernance. Ce n’est pas une fusion. Ce serait dangereux de tout mélanger ». François Hollande a également pris soin de préciser que cette Banque publique d’investissement disposerait de « fonds régionaux » ou plutôt d’antennes régionales qui seraient institutionnellement liées aux conseils régionaux.

    Un débat est également ouvert sur la structure financière du dispositif et sur la place de l’État actionnaire, alternativement ou en complément de montages financiers associant la Caisse des dépôts ou d’autres organismes.

    Tout cela peut laisser place à un fonctionnement administratif et à la poursuite d’une politique de concurrence entre les territoires au nom de la « compétitivité ».

    Mais cela peut aussi ouvrir le champ d’une bataille pour faire de ces nouveaux instruments institutionnels des outils de conquête de pouvoirs pour les salariés et les citoyens. Concrètement, la réponse au déferlement des plans sociaux mobilise l’attention de la population, et a justifié la création du ministère du Redressement productif. La réponse de Jean-Marc Ayrault à la lettre de Pierre Laurent et Nicole Borvo demandant un moratoire sur les plans sociaux et faisant référence à la proposition de loi du Front de gauche sur le sujet doit avoir pour suite une bataille pour un droit de veto suspensif des salariés assorti d’une obligation pour les directions d’entreprises et pour les pouvoirs publics de prendre en considération les contre-propositions des salariés et de leurs représentants, avec un droit de saisine du système bancaire pour la mise en place des financements nécessaires.

    D’autre part, le problème du remplacement de Dexia dans le financement des collectivités territoriales n’est toujours pas réglé : on y revient dans la troisième partie du rapport.


    2.2. Au-delà du recyclage de l’épargne financière, une nouvelle maîtrise du crédit

    Côté financement, le projet socialiste prévoit de pourvoir la nouvelle entité de 20 milliards d’euros via le doublement du plafond du Livret de développement durable (LDD).

    C’est sans doute là l’un des aspects les plus insuffisants du projet. Non pas que la question de la gestion et de l’utilisation de l’épargne financière soit sans importance. La transformation du livret pour le développement durable en livret pour l’industrie, avec un doublement de son plafond, répond à une proposition de la CGT. La préférence marquée par le nouveau gouvernement en faveur d’une centralisation des fonds collectés à la Caisse des dépôts peut marquer une tentative de changement d’orientation après dix ans de banalisation de l’épargne défiscalisée et de canalisation de l’épargne populaire vers les marchés financiers.


    2.2.1. Les limites d’une simple réorientation de l’épargne

    Cependant, il faut avoir présent à l’esprit les ordres de grandeur. À fin mars 2012, les LDD totalisaient 70,9 milliards d’euros. Le total des livrets A et des livrets bleus atteignait 221,9 milliards. En y ajoutant les livrets d’épargne populaire et les livrets jeunes, on arrive à 351,4 milliards. On attend 20 à 30 milliards supplémentaires du doublement du plafond du LDD. Combien pour le livret A ? Mais, en décembre 2010, selon les comptes nationaux, le total des placements des ménages atteignait près de 4 000 milliards d’euros, dont plus de 1 100 milliards de dépôts, 1 026 milliards d’actions et 1 189 milliards d’euros comptabilisés au titre de l’assurance-vie.

    Il y a bien un enjeu d’orientation de cette épargne afin de la dégager autant que possible des marchés financiers. Cela pose le problème très vaste de l’équilibre du marché de l’assurance vie.

    Ce pourrait être une des fonctions du pôle public financier : ses composantes pourraient tirer une partie de leurs ressources de l’émission de titre d’un type nouveau (par exemple des bons à moyen termes négociables assortis d’un engagement contractuel du souscripteur de les conserver jusqu’à l’échéance) émis à un taux distinct de celui du marché. De tels titres pourraient être souscrits par les ménages (mais quel avantage par rapport au livret A ?), par les organismes de retraites qui ont des liquidités à gérer et qui souhaitent le faire pour des emplois qui maximisent l’assiette de leurs cotisations,  c’est-à-dire les salaires, donc la valeur ajoutée et l’emploi, par la Banque postale au titre du placement des fonds des chèques postaux.

    Reste à traiter le problème de l’orientation des placements financiers des entreprises : Le Monde a cité le chiffre de 283 milliards d’euros pour la trésorerie des groupes du CAC 40.

    Mais il y a plus important encore. Le système financier ne se contente pas de canaliser une épargne préexistante, il permet d’anticiper la création de valeur ajoutée, et donc la création d’épargne.


    2.2.2. Le caractère essentiel d’une réorientation du crédit

    L’impulsion majeure que la finance donne à l’activité économique passe par le crédit et la création monétaire qui l’accompagne. Les crédits au secteur non financier représentent 1 928,4 milliards à fin mars 2012, dont 819,9 milliards pour les crédits aux entreprises. Les crédits nouveaux aux entreprises (hors découverts) atteignaient 246,8 milliards entre avril 2011 et mars 2012 – à comparer à la formation brute de capital fixe des entreprises non financières : 213,4 milliards d’euros en 2011. C’est cette masse-là qu’il faut réorienter. Rappel : en 2007, on avait évalué que la création de 3 millions d’emplois supplémentaires nécessitait de doubler à peu près le volume de la FBCF en une législature. Si les ordres de grandeur sont respecter, il s’agirait donc, non pas de doubler les flux de crédits aux entreprises, mais d’augmenter considérablement le flux des crédits permettant la réalisation de projets favorable à l’emploi, à la formation, à l’élévation du potentiel de création de richesses des territoires dans le respect de l’environnement – tout en réduisant le flux des crédits qui viennent contribuer au gonflement des prix des actifs financiers (et immobiliers).

    Avec la montée des incertitudes sur la Grèce et l’Espagne, il y a des motifs d’inquiétude pour le prochains mois.

    La doctrine du gouvernement semble bien être de s’accommoder du tarissement des crédits bancaires, attribué à Bâle III. En réalité, face au durcissement des réglementations internationales et à la montée des risques, il n’y a pas deux réponses possibles – le recours direct aux marchés financiers pour les projets qui répondent à leurs critères et la reconstitution de circuits de financement administrés, il y a avant tout la réorientation du crédit bancaire : que les banques assument leurs responsabilités sociales !

    Cette réorientation ne peut venir que d’une pression populaire. Elle existe jusqu’à un certain point, du moins les critiques contre le comportement des banques sont-elles fortes. LE gouvernement en tient compte lorsqu’il prévoit une surtaxe de 15 % sur le bénéfice des banques. La question est de savoir comment le pôle financier public peut contribuer à permettre à ces mobilisations populaires de se traduire dans les faits.

    Il peut le faire en rendant opérationnelle l’identification des projets les plus favorables selon les critères de maximisation des dépenses pour les êtres humains sur la base d’une économie des dépenses matérielles et du capital financier. Dès lors

    1.        Le pôle financier public participerait au financement de ces projets ;

    2.        Cette participation serait en soi une incitation au secteur privé pour y participer aussi ;

    3.        La BCE devrait refinancer à des conditions privilégier ces crédits, dans le cadre de la nouvelle sélectivité de la politique monétaire que nous préconisons. Même si elle ne le fait pas pour tous les crédits ainsi « labellisés », l’existence du label serait une incitation encore plus forte pour les banques.


    2.3. Critères

    La mise en œuvre de nouveaux critères de gestion et donc de financement des entreprises est une condition essentielle à la cohérence de la démarche.

    On a pu montrer statistiquement l’inefficacité de la création monétaire en France et dans le monde. Ce qui est nouveau, c’est que le débat sur les critères d’attribution du crédit prend de l’ampleur : économistes atterrés (avec le côté byzantin de la controverse sur la création monétaire), et jusqu’à Michel Barnier à propos des 1 000 milliards prêtés par la BCE en février et mars !

    Importance de la critique de la cotation Banque de France pour amorcer une nouvelle sélectivité de la politique monétaire influençant l’ensemble du système bancaire.

    Cette approche permet de traiter plusieurs questions relatives au pôle financier public qui sans elle seraient épineuses :


    2.3.1. La cohérence géographique

    Dans le contexte d’une relance de la décentralisation voulue par le nouveau pouvoir, donnant un pouvoir accru aux régions. Il ne s’agit pas de morceler le financement de l’économie nationale (et européenne) mais d’orienter les crédits là où ils sont les plus efficaces pour développer les dépenses pour les êtres humains (emploi, formation, services publics).


    2.3.2. La combinaison interventions en crédits, interventions en fonds propres

    Les politiques d’ « aides aux entreprises » sont friandes d’interventions en fonds propres. Celles-ci sont critiquables en ce qu’elles poussent généralement les entreprises à rechercher davantage de rentabilité.

    Le souhait gouvernemental de prendre des participations publiques dans des entreprises devrait avoir pour contrepartie des choix de gestion des entreprises qui s’opposent à la recherche de la rentabilité.

    3. Terrains concrets d’action et d’expérimentation

    3.1. Continuer le débat d’idées

    Avec les syndicats de la Banque de France (ils ont un projet « Banque de France 2020 » qui s’inscrit, de fait, dans une optique de réorientation du crédit, et ils appellent à 1 heure de grève le 31 mai.

    Avec la CGT (confédération, fédération des Finances)

    Avec le collectif « pôle financier public au service des droits » (colloque le 4 juin).

    Avec les économistes atterrés…

    Et bien sûr avec le gouvernement, ses inspirateurs et ses porte-parole.


    3.2. Financement des PME

    On y revient : développer systématiquement des expériences concrètes, un peu comme on l’a fait à la fonderie de Fumel. Il y a des dizaines de cas sur le territoire, pas seulement des entreprises en difficultés. 

    « Caisse de solidarité productive » de Thomas Maurice.


    3.3. Financement des collectivités territoriales

    Grande inquiétude chez les élus après la faillite de Dexia et face à Bâle III.  D’après le directeur général actuel de Dexia, il manque 13 milliards pour financer les investissements 2012.

    Se développent en parallèle un projet du gouvernement précédent visant à la création d’une nouvelle entité à partir des compétences de la Caisse des dépôts et des dépôts de La Poste, et le projet de l’Association des Régions de France piloté par Alain Rousset, dont on n’est pas sûr qu’il a le soutien du PS et du gouvernement. Ne faut-il pas plutôt un nouvel établissement dont l’État serait actionnaire ?

    Réponses ?

    ·         Responsabilité des banques (les critères de gestion s’appliquent aussi aux collectivités territoriales) : le pôle financier public n’est pas là pour faire le travail des banques à leur place.

    ·         Nouveaux types de titres (voir plus haut).

    ·         Intervention de la Banque de France.


    3.4. Des chantiers législatifs : réforme bancaire, taxe sur les transactions financières

    Bâle III n’excuse pas tout.

    ·         Il est permis de critiquer Bâle III

    ·         Il est permis de l’aménager (cf. États-Unis)

    ·         Il est permis de recapitaliser les banques (avec quelles contreparties)

    François Hollande a annoncé une nouvelle loi bancaire. Karine Berger : ni Volcker (on interdirait certaines opérations, même si elles ne sont pas pour compte propre), ni Vickers (spécificité des réseaux mutualistes). Mais quels pouvoirs d’interventions, avec quels objectifs, des citoyens sur le comportement des banques ?

    Ce débat est lié à celui de la taxation des transactions financières. François Hollande a annoncé une taxe sur les transactions financières à assiette large. Eichengreen et Wyplosz avaient prouvé dans les années 1990 qu’en ce qui concerne le marché des changes la mesure efficace est de dissuader les banques de prêter aux non-résidents via un système de réserves obligatoires dissuasives.

    Proposition : mettre en forme nos conceptions (par exemple sous la forme d’une proposition de loi) pour aider nos parlementaires à intervenir à la rentrée sur le projet que le gouvernement va présenter.


    3.5. Bataille européenne

    Il y a la BCE au centre des préoccupations. Les eurobonds sont un mauvais remède.

    La proposition de Fonds européen social et écologique pour laquelle le PGE a décidé de faire campagne a un caractère de « pôle financier public européen » - coopération avec pôles publics nationaux.

    On pourrait aller plus loin qu’une recapitalisation de la BEI : n’oublions pas qu’elle fait partie d’une sorte de pôle financier public européen (avec la BCE). N’oublions pas son « programme d’Amsterdam » de crédits bonifiés entre 1994 et 1997

     *       *

    Conclusion : comment concrétiser tout cela dans la campagne pour les législatives ?

     

    Denis Durand,

    Intervention de Denis Durand pour

    la Commission Économique du PCF du 29 mai 2012


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  • Oui, c'est à l'Ump que ça se passeet chaque jour il y a un feu nourri entre grands amis qui avaient, hier, une non moins grande idée sur la France qu'il fallait aux Français.

      Mais voilà, le calife parti se dorer la pilule au Maroc, nul ne songe à ce qu'il revienne aux affaires comme ils disent. Sauf, le pauvre Hortefeux, bien esseulé avec son Association des amis de Nicolas Sarkozy. Oui, le trône est vacant et le restera, foi de Fillon, de Copé, de Juppé et de bien d'autres encore. Comme un essaim de mouches sorti d'un trou, ils vont tout faire pour être le premier. Pas question d'un programme pour une France forte, ça c'était des conneries à vite oublier. Et l'on s'en fout d'être ratiboiser aux législatives, seul compte la prise de l'appareil de l'Ump pour être candidat en 2017 pour l'Elysée. Aussi ça flingue à tout va et dans tous les sens.

     

    UMP Corral

      Terrible combat entre ces valets qui se sulfatent à qui mieux mieux...

    Oui, leur caïd à peine parti, ils sont sortis de leur sombre marigot. A moins que cela ne soit peut-être d'une autre fosse. Et feu sur celui qui bourdonne trop !

      Une France forte qu'ils claironnaient pourtant les Fillon, Copé, Juppé et bien d'autres encore, lorsqu'ils n'étaient que des simples pistoleros au service d'un ex-locataire de l'Elysée...

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com


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  • Couches. Réunion publique PCF - Front de gauche mercredi soir.

    Une faible assistance mais des débats intéressants.    Photo M. J. (CLP)

    Une faible assistance mais des débats intéressants. Photo M. J. (CLP)

     

    À défaut d’une assistance fournie, la réunion publique tenue par Serge Desbrosses, technicien territorial, adjoint au maire du Creusot et Sylvie Lefèvre, conseillère clientèle GrDF et syndicaliste s’est caractérisée par une bonne tenue des débats.

    Après avoir évoqué les problèmes internes à la Gauche - Serge Desbrosses explique ne pas être certain que le PS soit très différent de l’UMP - le candidat PCF-Front de gauche dit être persuadé que « le vrai changement passera par nous » et il y aura problème si après les législatives, le PS peut se passer du Front de gauche, d’où « la nécessité pour nous, d’avoir un maximum de députés pour peser sur les décisions. Nous sommes dit-il, en attente d’un signe fort de la gauche ».

    Pour Sylvie Lefèvre, la circonscription qui va de Verdun-sur-le-Doubs à Saint-Léger-sous-Beuvray en passant par Le Creusot, Épinac et Autun, a été l’objet d’un « tripatouillage » inadmissible, et d’accuser Jean-Paul Anciaux d’avoir laissé faire.

    Tous les secteurs ont été abordés avec des changements radicaux en matière de santé où l’hôpital du Creusot a été au cœur des débats et le député de la 3e circonscription Jean-Paul Anciaux, là aussi, quelque peu (et même beaucoup) attaqué.

    Le transport (création d’une voie ferrée Centre-Europe-Atlantique, plus écologique et moins destructrice que les routes), le développement du transport fluvial, l’énergie (pas d’hostilité au nucléaire) à condition de rester dans le domaine public et développement des énergies en fonction des besoins locaux en développant les énergies renouvelables. Le SMIC à 1 700 € pour relancer la consommation, la retraite à soixante ans, autant de secteurs qui ont été débattus avec les personnes présentes.

    Pour les candidats du Front de gauche, il faut « sortir des excès du capitalisme et redonner la place à l’humain ».

    http://www.lejsl.com/edition-d-autun/


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  • sur son blog by histoireetsociété

    Cette position en faveur du rassemblement de toute la gauche  n'a pas toujours été la mienne mais aujourd'hui ce que je crains est que l'échec de cette gauche nous conduise à quelque chose de plus terrible que ce que nous pouvons l'imaginer. Je n'ai aucune solution, je fais un pari sur l'avenir et c'est pourquoi je souhaite non pas que l'on suive mon choix mais que chacun en son âme et conscience réflechisse à ce qui peut contribuer à cette réussite.

    Nous devons nous dépasser parce que nous sommes confrontés à l'Histoire pas aux trafics politiciens autour des postes, pas aux jeux des factions, non à l'Histoire et à la capacité d'un peuple à y faire face.

    Il y a une première étape: les législatives,il faut absolument renforcer le choix de la présidentielle, battre la droite et son extrême de plus en plus confondues et apporter une majorité confortable, forte et combative au président élu. C'est à cela que pour le moment il faut réfléchir individuellement et collectivement.

    j'ai toujoiurs eu de la sympathie - le mot est faible- pour le combat mené par mes camarades du Pas de Calais et je crois que tout le monde a bien perçu les réserves - le mot est faible- que j'avais non seulement sur la candidature de Melenchon mais sur son choix d'Henin Baumont. je crains plus que tout le coup médiatique quand la situation est d'un telle gravité et qu'un peuple est dans une telle souffrance.

    A ce titre, si durant la campagne présidentielle je n'ai jamais relayé celle du Front de Gauche tout en me gardant de lui nuire en quoique ce soit je n'ai pas plus relayé les débuts de la campagne des legislatives de Melenchon dans le Pas de Calais. Mais j'ai beaucoup réfléchi à ce à quoi nous étions confrontés, quels étaient les enjeux, les obstacles et les points d'appui. Comme vous tous sans doute...

    J'avais souligné vers la fin de la campagne présidentielle que "les digues avaient sauté". Face à la crise le principal enjeu est qui va payer la note du capital? Cette question sous différentes formes se pose partout, pas seulement en france, en Europe, en Grèce, en Espagne mais au Moyen orient et sur tous les continents. partout sous des formes divers on assiste à la tentative de créer de nouvelles alliances pour contenir les colères populaires, les dévoyer. Partout on assiste à l'installtion de conservatismes qui s'appuient sur des néo-fascismes adaptés à l'état des masses quitte à faire de ces spécificités politique, religieuses le moyen d'opposer les peuples entre eux.

    En Europe, en france le modèle est déjà à l'oeuvre et dans un récent article je soulignais le laboratoire que constituaient des pays à forte traditions social-démocrate comme la Belgique, le Danemark et les Pays Bas. partout on retrouvait les mêmes données: des pays où une gauche honteuse confrontée aux abandons de sa propre gestion se trouvait confrontée à une droite qui avait perdu toute réserve républicaine et menait une politique anti-peuple, pro-capital en s'appuyant sur des forces xénophobes attisant les haines, les divisions et la recherche des boucs émissaires.

    Voilà le danger principal qui guette cette présidence de gauche et ce gouvernment récemment élu. Et s'il se conforme au modèle de cette social-démocratie lâchant pied la situation est d'autant plus dangereuse que la droite grâce à Sarkozy est désormais en train d'avancer à pas de géant vers l'abandon de tout principe républicain. nous allons y être confrontés dès ces législatives. Et je vois déjà l'extrême-droite avec ses rires de hyène s'attaquer à tous les éclopés, aux bêtes blessées et offrir aux assoifés de pouvoir de partager le festin.

    Ce gouvernement n'est pas assez fort pour résister à la pression de l'Europe, celle chez nous du mur d'argent et ce n'est pas parce qu'il serait ceci ou cela mais parce qu'aucun gouvernement n'est en capacité d'une telle résistance sans une force populaire pour le soutenir.

    Je sais ce que je vais faire mais je ne peux agir ou penser pour personne parce que chacun s'il partage ce diagnostic est trés capable de se rendre compte par lui-même où il sera le plus utile pour apporter cette force. Ce que personnellement je vais faire c'est tenter le pari de faire confiance au Front de gauche et en particulier à mes camarades du Pas de calais. S'ils ont accepté melenchon je ne vais pas leur donner de leçon et je vais être à leur côté comme je l'ai toujours été parce qu'ils représentent ce à quoi j'ai toujours adhéré. Ce parti qui rassemblait des gens qui avaient si peu de colère et tant de générosité véritable, si désintéressés qu'ils étaient capables de donner leur vie dans l'ombre, leur santé, leur force, ceux qui les ont côtoyés en sont restés marqués à jamais, je veux parler des communistes. A ce propos, il y a eu une déclaration de Melenchon qui m'a poussé à choisir c'est celle où il a affirmé qu'il ne copierait pas die Linke et qu'il laisserait à chaque composante du Front de gauche, à commencer par le PCF son autonomie. Peut-être qu'un jour l'unification sera possible mais aujourd'hui à mes yeux ça aurait été une erreur terrible parce que cela aurait fini d'abattre sous les projecteurs et les légeretés médiatiques ce dont nous avons absolument besoin: ce monde humilié, attaqué de toute part et qui demeure une des principales forces de résistance. Cela aurait accru les divisions et tous ceux qui se sont ralliés au Front de gauche l'ont fait parce qu'ils en avaient marre des querelles de pouvoir, des luttes de place de tendances...

    Si je suis capable de quelque conviction je propose à tous mes camarades qui éprouvent les mêmes réserves que moi de tenter ce dernier pari en étant bien conscient  que rien n'est sûr. Il faut se souvenir de la capacité politique de la France, en 1936, alors que partout le nazisme et le fascisme s'imposaient, cette france a été capable d'inventer le front populaire comme à la Libération tous se sont attelés à tenter d'appliquer le programme de la Résistance dans une France dévastée. Tout cela n'a pu exister que parce que des gens ont su soulever comme dans notre grande révolution les masses populaires et donner un élan incomparable qui a affronté et battu toutes les offensives du capital.

    Certes nous avons des expériences et l'enthousiasme de ces époques ne peut pas être au rendez-vous, nous savons tous ce dont nous sommes capables du pire comme du meilleur... Peut-être est un atout que de se rassembler sans illusion mais avec la claire vision de ce qui nous menace si nous n'en sommes pas capables.

    Danielle Bleitrach


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  • Le Creusot il y a un siècle

    Les photos d'archives proviennent de l'écomusée du Creusot

     
     
     

    2/21 - Le Creusot : une maison ouvrière de la cité Saint-Eugène.

     
     
    Les hommes du et de fer
    Ce sera le thème en deuxième partie de soirée sur Arte le mardi 22 mai. Avec notamment l'évocation des Schneider au Creusot.

    Mardi 22 mai sur Arte
    « Les hommes du fer » à 22h35
    « Les hommes de fer » à 23h30

    Un volet thématique en deux parties qui relate l’industrie sidérurgique du XIXe siècle et son essor qui va engendrer la révolution industrielle.
    A partir de 1945, la sidérurgie devient le fer de lance de la reconstruction européenne, puis plus récemment le déclin avec les fermetures massives des usines.
    Ce documentaire réalisé par Anaïs et Olivier Spiro raconte l’histoire de la sidérurgie franco–allemande par la voix de ceux qui en ont été les acteurs, salariés et patrons de quatre grandes entreprises familiales de la Rhur (Krupp et Thissen), du Creusot (Schneider) et de Lorraine (De Wendel).

    Vous pouvez trouver tous renseignements utiles sur les sites internet et les programmations télé.
    Vous pouvez aussi cliquer sur le lien suivant : http://www.arte.tv/fr/Les-Hommes-de-fer/6619486.html. Avec des extraits vidéo. 

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  • Serge Desbrosses et sa remplaçante, Sylvie Lefèvre.  Photo G. L. (CLP)

    Serge Desbrosses et sa remplaçante, Sylvie Lefèvre. Photo G. L. (CLP)

    C'est en tout cas le fil conducteur des thèmes de la réunion tenue mardi en début de soirée, salle Terrade à Mesvres, par Serges Desbrosses et Sylvie Lefèvre.

    C’est en tout cas le fil conducteur des thèmes de la réunion tenue mardi soir, salle Terrade à Mesvres, par Serges Desbrosses et Sylvie Lefèvre, les représentants du Parti communiste français pour le Front de gauche aux élections législatives sur la 3 e circonscription.

    Et le candidat Serge Desbrosses d’indiquer : « Notre programme est le contenu du livre du Front de gauche intitulé L’Humain d’abord. Aujourd’hui, le capital compte plus que l’homme et ce n’est plus possible ».

    De profondes réformes

    Le ton était donné et les deux orateurs de décliner tous les secteurs qui, à leurs yeux, méritent de profondes réformes.

    « Sarkozy a augmenté le temps de travail sans augmenter les salaires. Il faut faire l’inverse et nous proposons une augmentation du Smic à 1 700 euros.

    Concernant l’énergie nous préconisons la création d’un Pôle public de l’énergie afin de maîtriser les coûts et stopper la spéculation.

    Du point de vue de l’écologie, pourquoi ne pas mettre les camions sur les trains pour les grandes distances et utiliser les transports par les canaux.

    L’idée est également de faire de la Banque centrale européenne (BCE) un pôle public bancaire qui prête directement aux états, plutôt que de passer par les banques qui en tirent de gros profits.

    Dans le domaine de la santé, il faut abroger la loi Bachelot, renforcer le personnel dans les hôpitaux et les doter des techniques de pointe. »

    Et les candidats de poursuivre : « Il faut revenir à la retraite à 60 ans pour tous et prendre en compte la pénibilité. Relocaliser les emplois est une urgence. Dans le domaine agricole, il y a besoin d’une politique agricole commune cohérente avec des productions en fonction des besoins du marché, et puis de prix rémunérateurs pour les agriculteurs. »

    Le débat s’ouvrait alors avec les participants qui permettaient d’aborder bien d’autres sujets de préoccupation du monde ouvrier.

    Serge Desbrosses indiquait, non sans avoir égratigné le mandat du député sortant : « Le Front de gauche doit être présent en force à l’Assemblée nationale pour peser sur les débats et permettre à ses idées d’être prises en compte », et de conclure : « Le pays à besoin d’une vraie gauche. »

    http://www.lejsl.com/edition-d-autun


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  • par Samuel Zarka 3 février 2012  
    J'étais tranquille, j'étais peinard, je réparais ma mobylette

    Gilles passe en scooter ; il me dit :

    G — Manu tu fais quoi?

    M — Je travaille.

    G — Tu travailles? Tu répares ta mobylette, tu ne travailles pas, moi je travaille, la preuve je suis payé.

    M — Depuis ce matin je travaille à réparer ma mobylette.

    G — Non tu ne travailles pas, ni les parents qui emmènent leurs enfants en vacances, ni moi si je te prépare un café. Par contre, le serveur du café en face, lui, il travaille : il est payé par le cafetier pour te servir. Tandis que si je te demande de réparer mon scooter comme un service, tu ne travailles pas, tu as une activité. Celle-ci n'est pas reconnue économiquement. Ce qui l'est, en revanche, c'est du travail.

    M — Et mon BTS de mécanique qui prouve que je suis sérieux, que je sais travailler.

    G — Ce diplôme ne suffit pas à ce que ton activité soit reconnue comme du travail. Il ne fait que certifier ton savoir-faire. Si tu as un diplôme d'informaticien et que tu créés bénévolement du logiciel libre, si tu as un CAP cuisine et que tu prépares un dîner pour des amis, ou si encore tu as un diplôme de philosophie et que tu fais de la recherche indépendante, tu produis des choses ou tu rends des services utiles aux uns ou aux autres, mais tu ne travailles pas, quand bien même ton diplôme certifie ta compétence. Le diplôme ne garantit donc pas que tu travailles, il ne fait que certifier que tu sais produire de la valeur d'usage.

    M — Et le travail ça commence quand ?

    G — Quand tu es embauché. Tu travailles si tu programmes un logiciel dans le cadre d'un emploi en entreprise, si tu cuisines dans un restaurant ou si tu répares une mobylette en tant que technicien chez un garagiste. Ce qui constitue le travail, ce n'est pas son contenu mais son cadre d'exercice. Or ce cadre, c'est l'emploi. C'est l'employeur qui qualifie ton activité comme créatrice de valeur économique. Et c'est ce qu'il fait en te payant.

    M — Nous y voilà, si je suis employé, je suis payé.

    G — Et tu n'as pas le pouvoir de faire reconnaître ta qualification par toi-même. Au préalable, il te faut passer par le marché du travail. D'ailleurs, ta qualification, tu la perds lorsque tu n'es plus employé. Si tu travailles dans une entreprise et que tu quittes ton emploi, que ce soit de ton propre chef ou suite à un licenciement, à terme, c'est-à-dire à la fin de tes possibles indemnisations chômage, tu n'es plus payé, alors même que tu conserves ton savoir-faire. Ce n'est donc pas toi, en personne, que l'employeur paye, mais ton poste. Dans l'entreprise, ce n'est pas la personne mais le poste qui est reconnu comme qualifié à produire de la valeur économique.

    M — Qu'est-ce que ça change que ce soit la personne ou le poste ? De toute façon, ce qui compte c'est d'être payé.

    G — Mais si ton poste est attribué à quelqu'un d'autre, c'est lui qui sera payé en occupant ce poste, tandis que toi, tu n'emporteras pas ton salaire avec toi.

    M — C'est normal, l'employeur ne peut pas payer tout le monde. Il ne paye que ceux qui travaillent pour lui et concourent à produire de la valeur économique dans son entreprise. Et il ne peut pas embaucher tous les demandeurs d'emploi ! Elle a des contraintes, l'entreprise, la pression des Roumains, des Chinois, au sein de la concurrence libre et non faussée !

    G — Pourtant, il y a des salariés qui travaillent en se passant d'employeur : les fonctionnaires. En effet, les fonctionnaires travaillent, mais pas dans le cadre d'un emploi.

    M — Si, puisqu'ils sont payés. Mais il s'agit d'un emploi à vie !

    G — Même pas, car contrairement aux employés des entreprises, dont la qualification est déniée au profit de celle de leur poste de travail, les fonctionnaires sont reconnus en personne comme porteurs d'une qualification. Cette qualification leur est attachée à travers leur grade. Et c'est ce grade, personnel, qui leur donne droit, non à un emploi à vie, mais à un salaire à vie. La preuve, ils sont payés pour toute la durée de leur carrière professionnelle, et même si d'aventure ils se retrouvent temporairement sans affectation, c'est-à-dire sans emploi, ils continuent à être payés. Ils sont libres du marché du travail… Comme le seront aussi les nombreux employés du privé dès qu'ils seront arrivés à l'âge de la retraite !

    M — Pardon ? Les retraités ne touchent pas de salaire puisqu'ils ne travaillent plus! Ce qu'ils touchent, c'est une pension en échange des cotisations qu'ils ont fournies tout au long de leur vie professionnelle. Et s'ils sont à la retraite, c'est justement parce qu'ils ont enfin mérité de se reposer!

    G — De nouveau tu as l'air de confondre travail et emploi. Ce n'est pas parce que les retraités n'ont plus d'emploi qu'ils ne travaillent plus ! Au contraire, s'ils sont payés, c'est non seulement parce qu'ils travaillent, mais parce que leur qualification à créer de la valeur économique leur est enfin reconnue, en personne. En un mot : ils ne sont plus employés par un employeur, mais salariés au nom de leur qualification personnelle, leur donnant droit à un salaire pour dix, vingt, trente ans ou plus, bref, un salaire à vie ! Si tu répares ta mobylette à 60 ans, tu seras payé pour le faire, de même que si tu t'occupes de tes petits enfants ou si tu t'investis dans le milieu associatif. C'est la raison pour laquelle les retraités sont souvent débordés et n'arrêtent pas de cavaler derrière tout ce qu'ils ont à faire. C'est comme s'ils n'avaient jamais autant travaillé. Pourquoi ? Justement, parce qu'ils sont libérés de l'emploi et sont reconnus en personne comme qualifiés. C'est en cela que la retraite est le modèle du travail libre.

    M — Mais si les retraités sont payés, c'est grâce à tous ceux qui, pendant ce temps, travaillent dans les entreprises et cotisent sans en profiter. Ce sont donc bien les entreprises qui sont la source de la valeur et qui payent les retraités !

    G — Certes, la cotisation qui sert à salarier les retraités fait partie du salaire des employés, ainsi que des fonctionnaires. Mais cette valeur, en revanche, ce sont les retraités eux-mêmes qui la créent ! Autrement dit, le prix des marchandises créées par les entreprises ainsi que des services qu'elles facturent, inclut non seulement la valeur marchande de ces biens et services mais aussi la valeur non marchande des biens et services produits par les retraités.

    M — Mais par définition, le non marchand n'a pas de valeur !

    G — Un seul exemple : les soins médicaux n'ont-ils pas de valeur ?

    M — Bien sûr que si, mais pas comme des marchandises !

    G — Nous sommes donc d'accord : le non marchand a bien une valeur économique, mais une valeur économique qui n'est pas celle d'une marchandise. Cette valeur correspond à la qualification des producteurs, et notamment des retraités. Bref, l'ensemble des services rendus par l'ensemble de ces personnes payées à la qualification est comptabilisé dans le salaire brut. Comme ton salaire à toi. C'en est même la quasi moitié : 40%.

    M — La retraite des autres, c'est mon salaire à moi ?

    G — Oui, car il s'agit de salaire socialisé, immédiatement réparti parmi les retraités, comme nous le disions, mais aussi parmi les autres pensionnés comme les femmes en congé maternité par exemple, ainsi que parmi les agents de la sécurité sociale et les professions libérales qui sont affiliées à celle-ci. Et cette valeur répartie, ils la transforment en valeur d'usage.

    M — Mais ces retraités, parents, médecins ne vendent rien, ils sont hors de l'économie. De même que les fonctionnaires.

    G — Au contraire, ils démontrent l'existence massive de l'économie non marchande dont je te parlais à l'instant. La preuve : les cotisations sont comptabilisés dans le PIB. Il en va de même pour les fonctionnaires : une valeur économique est attribuée à leur activité, reconnue à travers leur salaire, alors même qu'elle n'est pas marchande. C'est ainsi qu'ils assurent des services nécessaires à l'ensemble de la société, mais aussi, bien évidemment, à la bonne marche des entreprises : éducation, santé, hygiène publique, etc.

    M — Mais ces fonctionnaires dont tu me parles, ce sont de petits malins, des chanceux, des petits rentiers. Et s'il y en avait moins, il y aurait moins d'impôts à payer, donc plus de marge de manœuvre pour les employeurs et des employés qui vivraient mieux.

    G — Si les fonctionnaires sont payés par l'impôt, c'est parce qu'une source monétaire est nécessaire pour reconnaître la valeur économique de leur travail. Cette source monétaire, cela peut être la production de valeur par les entreprises, mais ce n'est pas la seule possible. l'État s'en est longtemps chargé lorsqu'il émettait lui-même de la monnaie selon ses besoins.

    M — Mais tout le monde ne peut pas être fonctionnaire ! Ni médecin ou retraité !

    G — Non, c'est vrai. Mais d'une part, les retraités, parce qu'ils sont payés par la cotisation, nous montrent que ce qui tue le travail, c'est l'emploi. D'autre part, les fonctionnaires nous montrent que chacun peut être reconnu comme qualifié dès le début de sa vie professionnelle. Conclusion : socialisons non pas une partie, mais l'intégralité de la valeur produite par les entreprises, par les fonctionnaires et par les retraités, pour reconnaître la qualification personnelle de chacun. Ainsi, nous salarions chaque citoyen à vie et nous réglons le problème du chômage.

    M — C'est possible pour une minorité, mais on ne peut pas payer tout le monde comme ça.

    G — Pourtant, on paye bien les employés ! La seule chose qui change, c'est que ceux-ci ne sont plus payés par leur entreprise, mais par des caisses de salaire. Nous avons déjà le modèle : la retraite répartition. Nous avons aussi la technique de financement : la cotisation sociale. Et nous savons qu'elle marche puisqu'elle assure le salaire des retraités depuis des dizaines d'années et continue de le faire avec succès. D'ailleurs, la cotisation ne permet pas de salarier les seuls retraités, mais aussi, comme nous l'avons évoqué, les agents de la fonction publique hospitalière, une partie des professions libérales, et même des employés en situation de hors emploi, comme les femmes en congé maternité ou les allocataires de l'assurance chômage. Ces derniers se voient, temporairement, attribués un salaire, et donc reconnaître leur qualification personnelle, même s'ils n'occupent pas, ou plus, leur poste. Ce qui est extraordinaire, c'est que cette qualification leur soit déniée le reste du temps !

    M — Mais dans l'hypothèse où tu pourrais attribuer à tout le monde une qualification personnelle, où trouverais-tu l'argent pour les payer ? Grâce à l'État ? Mais l'État est en déficit. Il y a le trou de la sécu, le coût des retraites, la crise de la dette grecque, portugaise, italienne, et même française. Cela, parce qu'on a vécu pendant plus de 30 ans au-dessus de nos moyens. C'est très coûteux les services publics, l'école, l'hôpital, le ramassage des déchets, l'administration. Pour les payer, l'État a dû vendre les entreprises qu'il possédait, EDF, GDF, France télécom, La Poste. Aujourd'hui plus que jamais, il est près de la faillite. Il faut donc impérativement réduire les dépenses. Est-ce qu'on a déjà vu un foyer dépenser plus qu'il ne gagne et laisser la charge de ses dettes à ses enfants ? C'est pour cela que nous devons faire un effort tout de suite pour aider l'État. C'est pour cela qu'il faut réduire le nombre de fonctionnaires. Qu'il faut aider l'État en travaillant plus longtemps. Qu'il faut que les salaires soient contenus. Ce n'est que comme ça que l'État pourra honorer ses dettes et rembourser ses emprunts aux banques. Car en attendant, ce ne sont pas les entreprises qui vont le sortir de là. C'est pour ça qu'on a baissé les impôts sur les sociétés et qu'on cherche à réduire les charges patronales : pour les rendre plus compétitives. Et si les employeurs doivent modérer les coûts de production, c'est pour la survie des entreprises et pour payer les actionnaires qui ont investi dedans.

    G — Mais les entreprises ont-elles besoin des actionnaires ?

    M — Bien sûr, ils possèdent les actions et ont investi dans la production.

    G — Et tu sais ce qu'est une action ?

    M — C'est un titre qui donne le droit de recevoir une part de la valeur économique produite par les entreprises.

    G — Et qui produit la valeur dans l'entreprise ?

    M — Les employés !

    G — Et la valeur produite par les employés passe dans l'escarcelle de l'actionnaire, c'est cela ? Donc l'actionnaire, parce qu'il possède des actions, possède un droit sur la valeur produite par les employés, j'ai bien compris ? Somme toute, ces actions sont des titres de propriété purement lucratifs, et tant que l'entreprise tourne, l'actionnaire accumule de la valeur. Mais pourquoi a-t-il ce droit, puisque ce n'est pas lui qui la crée ?

    M — C'est qu'en accumulant, il peut investir dans des grands projets.

    G — Mais est-ce que tu as l'impression qu'ils investissent les actionnaires actuellement ? Est-ce que tu n'as pas plutôt l'impression qu'ils n'engagent leur argent que dans des placements à court terme et indépendants de la demande de travail ? Si oui, penses-tu que nous ayons besoin de ce type d'actionnaires ? Ne pouvons-nous pas investir sans leur intermédiaire et autrement ? Si les employés créent la totalité de la valeur économique, est-il si nécessaire qu'ils passent par les actionnaires pour l'investir ?

    M — Il faut bien que quelqu'un ou quelque chose se charge d'investir cette valeur !

    G — Précisément, il s'agit de créer des caisses d'investissement à la manière des caisses de retraite qui salarient aujourd'hui les retraités.

    M — Mais la retraite, ce n'est pas un investissement !

    G — 17% du PIB réparti chaque année pour les retraités, ne s'agit-il pas d'un engagement massif, de long terme, finançant l'activité de millions de personnes ? Ajoutons-y la cotisation-maladie, qui permet de payer les médecins et le traitement des malades, et nous voyons que nous savons déjà investir massivement et à long terme en nous passant des investisseurs !

    M — Mais pour les routes, les ponts et les aéroports ?

    G — Il suffit d'étendre encore davantage la part de la cotisation dans la valeur produite ! Attribuons-la à nos besoins !

    M — Ça va rogner le profit, faire fuir les détenteurs de capitaux qui vont alors partir à l'étranger avec leurs portefeuilles et investir ailleurs.

    G — Il y a quoi dans ces portefeuilles ?

    M — Des titres !

    G — Donc des droits sur la richesse produite. C'est-à-dire que cette valeur, les détenteurs de portefeuilles ne la possèdent pas telle quelle. Ces portefeuilles ne sont pas des congélateurs à monnaie. Les actionnaires ne possèdent que de la valeur virtuelle, potentielle, qui ne deviendra réelle que quand ils l'échangeront contre de la monnaie, c'est bien cela ?

    M — Des titres, c'est toujours de la valeur ! Même virtuelle !

    G — Tu as vu des avions tomber en panne sèche, des immeubles s'effondrer ou la terre se fendre lors de l'éclatement d'une bulle spéculative ? C'est que la valeur disparue dans l'éclatement de la bulle était bien de la valeur possible, potentielle, mais non effective. Car ces montagnes de valeur virtuelle ont une limite, bien réelle celle-là : la valeur des biens et services produits par les salariés sur l'année en cours. Ce sont les salariés qui produisent la totalité de la valeur économique disponible. En attendant, les détenteurs de capitaux n'accumulent que des titres, qui ont augmenté dans des proportions astronomiques ces dernières années, mais sans équivalent matériel.

    M — Mais la valeur détenue par les actionnaires, elle existe bien puisqu'ils peuvent investir, embaucher et payer les employés ! Tout comme les dettes des États sont réelles puisqu'il faut les payer !

    G — Les actionnaires peuvent employer, non parce qu'ils détiennent la valeur, mais parce qu'ils détiennent le droit de qualifier l'activité comme du travail. C'est pour cette raison qu'ils détestent les fonctionnaires et les retraités : ces catégories de salariés échappent à leur emprise. Quant aux banques, certes elles prêtent de la monnaie, mais en la créant à l'occasion du prêt ! Les États remboursent actuellement aux banques une monnaie qu'elles ne possédaient pas avant de la leur prêter. Bref, les prêteurs n'ont rien apporté en prêtant, puisque ce qu'ils avancent au moment du prêt, ils ne le possédaient pas avant de le prêter.

    M — Pourquoi les remboursons-nous alors ? Pourquoi le report de l'âge de la retraite, les coupes budgétaires, les fonctionnaires non remplacés ?

    G — Parce que nous ne voyons pas que nous pouvons nous passer d'elles, comme des actionnaires, en élargissant le champ d'application de la cotisation. Alors que les employés produisent la valeur économique, qu'ils financent déjà, par la cotisation, des investissements à long terme, comme nous le montrent le financement de la santé publique et la retraite de millions de pensionnés, ils abandonnent aux employeurs le droit de qualifier l'activité économique, et attribuent une partie de la valeur aux actionnaires ou aux prêteurs, se soumettant ainsi à l'intérêt de patrons qu'ils ne rencontrent jamais. Si nous voulons investir en nous passant de ces usuriers, augmentons la part de cotisation à toute la valeur produite. Alors nous pouvons doter chacun d'une qualification personnelle, et nous supprimons le chômage. Et en socialisant l'intégralité de la valeur, nous supprimons la propriété lucrative des actionnaires.

    http://www.reseau-salariat.info/


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  • Serge Desbrosses et Sylvie Lefèvre — candidats du Front   de gauche aux législatives — ont présenté les points essentiels de leur programme.  Photo Y. M. B. (CLP)

    Serge Desbrosses et Sylvie Lefèvre — candidats du Front de gauche aux législatives — ont présenté les points essentiels de leur programme. Photo Y. M. B. (CLP)

    Serge Desbrosses et Sylvie Lefèvre candidats P.C.F du Front de Gauche étaient à Saint Léger sous Beuvray jeudi soir

    Jeudi soir, Serge Desbrosses, candidat titulaire, et Sylvie Lefevre, candidate remplaçante, dans la 3 e circonscription de Saône-et-Loire pour les élections législatives du 10 juin, avaient convié les habitants pour une réunion publique à la mairie de Saint-Léger-sous-Beuvray.

    Lors de la réunion de Saint-Léger-sous-Beuvray, Serge Desbrosses et Sylvie Lévêque ont présenté le programme du Front de gauche dont le cœur est : « L’humain d’abord : battre la droite et le FN pour une gauche du courage ; donner des réponses pour sortir de la crise ; avoir des député(e)s déterminés à affronter le pouvoir de l’argent et des élu(e)s au service de la population et à son écoute ». Au cours de cette réunion, de nombreuses propositions ont été discutées avec les participants avec le problème des transports, les voies ferrées, l’utilisation des canaux, la RCEA. L’emploi a tenu une place importante avec, entre autres, la relocalisation des emplois, la reconstruction d’un tissu industriel diversifié.

    Les problèmes de santé seront abordés et les participants déplorent le manque de lits, la disparition des médecins dans les campagnes et, point important dans ce domaine, les problèmes des pharmacies de garde les dimanches. Les services publics avec, en particulier, la remise à plat des services de police et de gendarmerie seront également traités.

    D’autres réunions publiques sont au programme des deux responsables : le 15 mai à Mesvres (18 heures) ; le 18 à Verdun-sur-le-Doubs (19 heures) ; le 21 à Lucenay (19 heures) ; le 23 à Couches (18 h 30) ; le 29 à Autun (19 heures) le 31 à Givry (20 h 15) et le 7 juin au Creusot (18 heures).

    http://www.lejsl.com


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  • J’aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J’aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu’à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j’étais à Entraigues il n’y a pas si longtemps et je n’ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c’est sacré!

    Pardon te t’emmerder, mais l’heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d’idées , je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n’as que les titres d’une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l’heure est grave!

    Jean, écoute moi, écoute nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies , celle qui meurt au travail, qui s’abime les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s’immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l’on traque comme d’autres en d’autres temps que tu as chantés, celle qu’on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ces ceux-là qui savent déjà que le meilleur n’est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l’on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvre pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l’essentiel…

    Jean, rechante quelque chose je t’en prie, toi, qui en voulais à D’Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu’un air de liberté flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le chanter maintenant? Pas le rock français qui s’est vendu à la Première dame de France.

    Ecris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tout ceux qui le soutiennent!

    Jean, l’huma ne se vend plus aux bouches des métro,  c’est Bolloré qui a remporté le marché avec ses  gratuits. Maintenant, pour avoir l’info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs… Tu l’aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l’Elysée pour avoir l’honneur de poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu…

    Jean, l’argent est sale, toujours, tu le sais, il est tâché entre autre du sang de ces ingénieurs français. La justice avance péniblement grâce au courage de quelques uns, et l’on ose donner des leçons de civilisation au monde…

    Jean l’Allemagne n’est plus qu’à un euro de l’heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l’haleine fétide des renvois populistes de cette droite “décomplexée”.

    Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l’homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n’est plus aux hormones mais aux antibiotiques, et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du salon de l’agriculture qui vont nous prouver le contraire. Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans des cirques! Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l’industrie agroalimentaire, on lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s’endetter il s’endette, on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite… Finies les jacqueries!

    Jean, la Commune n’en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous “le Temps des Cerises”? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade… Ici on massacre l’Ecole laïque, on lui préfère le curé, on cherche l’excellence comme on chercherait des pépites  de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés…

    Jean, je te quitte, pardon de t’avoir derrangé, mais mon pays se perd et comme toi j’aime cette France, je l’aime ruisselante de rage et de fatigue, j’aime sa voix rauque de trop de luttes, je l’aime intransigeante, exigeante, je l’aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d’elle même pour le plus pauvre qu’elle, quand elle s’appelle en 54 par temps d’hiver, ou en 40 à l’approche de l’été. Je l’aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu’à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts…

    Jean je voudrais tellement t’annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai…

    Je t’embrasse.

     

    Ps: Il y a un copain chanteur du Président de la République, qui reprend du service dans la grande entreprise de racolage en tous genres, et qui chante à ta manière une chanson en ton honneur. N’écoute pas, c’est à gerber…

    http://philippetorreton.wordpress.com/2012/02/19/jean/


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  • Conférence d'Annie Lacroix-Riz (Professeur émérite d'histoire contemporaine, chercheuse)
    "La stratégie du choc en France, de la crise des années 1930 à celle d'aujourd'hui"Journée militante à l'hôpital Saint Vincent de Paul
    (75014) le 27 septembre 2011


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    Cri Peuple 40

     

    La Bourse de Francfort met sur le marché le 16 avril un contrat à terme sur la dette française.

    L'administration du Trésor, consultée, a donné son feu vert. Pire : l'Autorité des marchés financiers est écartée du contrôle de ces opérations. Comme si l'on voulait mettre sous tutelle de Berlin le prochain président.

     

    Les marchés financiers ont déjà bousculé la démocratie à Rome, à Madrid et à Athènes. Ils empoisonnent déjà la campagne électorale française, et ce n'est qu'un début. Marianne est en mesure de révéler que ces pressions s'organisent avec la passivité, si ce n'est la complicité, si ce n'est du pouvoir politique, du moins de l'administration du Trésor.

     


    L'histoire commence par l'ouverture lundi prochain 16 avril  d'un marché à terme sur les emprunts d'Etat français, déjà annoncé par Marianne, qui va mettre de l'huile sur le feu. Créé par Eurex, une filiale de Deutsche Börse (l'homologue allemande de la Bourse de Paris), le contrat à terme permettra à partir de lundi 16 avril de parier à la baisse ou à la baisse sur les Obligations assimilables du Trésor (OAT) 10 ans, l'emprunt phare de la France.

     


    Concrètement, n'importe qui pourra, moyennant environ 10 000 euros, miser sur une hausse ou une baisse du taux d'emprunt de la France, alors qu'avant la création de ce contrat, le ticket d'entrée s'élevait à 10 millions d'euros, la valeur d'une OAT. Grâce à l'effet-levier, on met 10 000 euros sur la table, mais on joue sur 100 000 euros, soit un levier de 10. Ce qui signifie que, par exemple, si la dette française varie d'un point, le joueur gagnera ou perdra 250 euros.

     


    Bien sûr, les partisans du marché développent toutes sortes d'arguments rationnels pour défendre ce type d'opération : les « futures », qui existent déjà pour les emprunts allemands ou italiens,  devraient permettre une meilleure liquidité (possibilité d'acheter et de vendre plus facilement) des emprunts. Actuellement les échanges sur les OAT 10 ans sont de l'ordre du milliard par jour. Cela pourrait même faire baisser les taux d'intérêts pour l'Etat français, plaident-ils. Voire, s'écrie Pascal Canfin, député européen EELV: « c'est plutôt une possibilité supplémentaire et redoutable de spéculer sur la dette, sans payer trop cher, et avec un peu de sécurité ».

     

    Jean-Luc Mélenchon, qui prédit un assaut  des marchés contre la France dès le 7 mai, dénonce, lui, à raison, « un instrument financier de chantage contre la dette de l'Etat français ».

     

    Car le calendrier pose problème. Même si  Eurex avait publié un communiqué le 24 mars pour annoncer son innovation,  l'apparition de cet outil  sept jours seulement avant le premier tour de la présidentielle est une vraie atteinte à la souveraineté nationale.


    L'information que Marianne est en mesure de révéler est que cette opération qui pourrait mettre en danger les finances publiques a été réalisée avec l'approbation des autorités françaises !

     

    Selon nos informations en effet, l'Agence France Trésor qui gère les émissions de dettes a été informée à la mi-mars des intentions d'Eurex. Si l'administration française ne peux légalement s'opposer à une initiative entièrement privée, comme l'a souligné François Baroin, le ministre des finances, dans un communiqué il ne semble pas qu'elle ait demandé à Eurex de différer l'ouverture de son « future sur OAT 10 ans » au lendemain des échéances politiques. Elle n'a pas non plus essayé de convaincre les banques spécialistes en valeur du Trésor (SVT) dont fait partie la puissante Deutsche  Bank, et qui seront les premières utilisatrices du contrat OAT, d'agir dans ce sens.


    On ne peut rien imposer à ces grands établissements mais il est d'usage dans ce monde-là de se parler et en général les banquiers évitent d d'embarrasser la puissance publique. Pourquoi le gouvernement français n'a-t-il pas agi discrètement  dans ce sens? Serait-ce pour que vérifier les prophéties catastrophistes comme celles de Denis Kessler, le patron de la Scor, de Marc Fiorentino qui annonce que « le 7 mai, les marchés attaqueront la France », et même celles de François Fillon et Alain Juppé, surtout si elle est présidée par François Hollande ?

     

    De plus, Marianne est en mesure de révéler l'énorme bourde du gouvernement : il a non seulement laissé se créer un marché dérivé de sa dette, mais il a accepté que le contrôle de ce marché stratégique lui échappe ! Car s'il y a spéculation sur la dette, ou malversation, ou simplement des doutes sur les transactions, ce n'est pas l'Autorité des marchés français (AMF) présidée par Jean-Pierre Jouyet qui sera compétente, mais son homologue allemande, la BaFin, puisque Eurex est une entreprise allemande, basée à Francfort.  Il faudra donc, pour se défendre des spéculateurs, que les autorités françaises demandent la collaboration de nos amis allemands!

     

     

    La mécanique semble agencée comme si on avait voulu faire en sorte que le « prochain » président qui affiche sa volonté de faire en sorte que « la démocratie soit plus forte que les marchés » soit privé de tout pouvoir et placé sous tutelle dès le premier jour. Cette perte de souveraineté explique sans aucun doute les critiques acerbes prononcées par Jean-Pierre Jouyet. « Ce n'est pas le bon signal dans le contexte actuel », a déclaré celui  qui est non seulement un ami de François Hollande mais aussi ex-directeur du Trésor à Bercy, donc l'ancien superviseur de l'agence France Trésor. Un expert, en somme.

     

    Marianne 2


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  • Si on avait écouté les capitalistes les enfants travaillerait encore :

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    Aussi aujourd’ hui en ayant augmenté le départ de l’âge à la Retraite ces mêmes capitalistes ont augmenté et chômage , Car retraite et chômage sont liés.

    Reculer l’âge de la retraite en pleine crise ne peut qu’augmenter le nombre de chômeurs car Dans les faits, le chômage va augmenter, ce qui plombera les comptes de l’assurance chômage . Le gouvernement a repoussé l’âge de la retraite au moment où la France ne peut pas réduire son chômage. Le report a entrainé une forte augmentation du taux de chômage, notamment chez les plus de 58 ans, mais aussi chez les jeunes. Les entreprises qui maintiennent leurs effectifs en gardant leurs salariés plus longtemps, ne vont pas embaucher ; Les pensions vont globalement continuer à baisser. . Les plus pénalisés seront les femmes qui ont eu une carrière courte et morcelée et incomplète . Il faudra désormais attendre 67 ans pour pouvoir toucher une retraite à taux plein si l’on n’a pas cotisé suffisamment.

    Cela va entrainer une Dégradation de la santé en France et conduire à une crise sanitaire

    En allongeant le temps de départ à la retraite, en déremboursement des médicaments , par le développement des franchises médicales, par l’augmentation des coûts pour tous les soins ainsi que pour les mutuelles, une part croissante de la population renonce aux soins sans compter les 6% de la population française qui n’a pas de mutuelle : “trop pauvres” pour payer une mutuelle mais “pas assez” pour bénéficier de la Couverture Maladie Universelle complémentaire.

    L’aide médicale d’Etat pour les étrangers et les sans-papiers est rendue plus difficile d’accès.

     

    On assiste donc à une aberration sociale qui consiste à priver un jeune d’accéder à un emploi et en maintenant dans l’emploi quelqu’ un qui voudrait prendre sa retraite.

    Alors reculer l’âge de départ à la retraite est une régression insupportable car les séniors vont-ils travailler plus longtemps alors que les entreprises se débarrassent des salariés âgés et il est donc hypocrite de les faire travailler plus longtemps dans un emploi qu’ils n ont pas.

    Le Départ à la retraite retardé c‘est pour le sénior un taux de chômage aggravé et pour le jeune une entrée plus tardive dans le monde du travail ;

    Rappelons que L’âge légal de départ à la retraite a augmenté de 60 à 62 ANS et la durée des cotisations pour avoir une retraite à TAUX PLEIN dépend du nombre de annuités acquises, Elles ne cessent d’augmenter : De « 37,5 avant la réforme Balladur elles sont aujourd’hui de 41 ans et bientôt 41 ,5ANS CAR elles devaient évoluer avec l’espérance de vie » Mais aujourd’hui l’espérance de vie est en voie de régression si on considère la mal bouffe, le maladies liées l’ environnement , l’amiante ,les produits dangereux ,les accidents du travail, Mais aussi les mauvaises conditions de travail, le harcèlement moral et sexuel qui deviennent des formes de management, Sans compter la forme extrême de souffrance au travail qui se manifeste par des suicides à répétition. . Alors Cessez son activité à l’âge légal pour obtenir le taux plein : Hier 65 ans Aujourd’hui 67 ans,

    Les conséquences pour les jeunes : ils seront sur le marché du travail encore plus tardivement car si les séniors qui sont en emploi arrivent à se maintenir deux ans de plus dans la souffrance Le chômage des jeunes sera accentué ; Ensuite les séniors seront dans la souffrance car les entreprises feront tout pour se débarrasser des salariés le plus âgés.

    Pour un retour à la retraite à 60 ans taux légal , Avec 40 annuités pour le taux plein, Mobilisons nous et interpelons les politiques

    Pas de chèque en blanc, une insurrection de lutte et citoyenne

    La lutte SEULE SOLUTION

    Martine Lozano MILITANTE ASSOCIATIVE


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  • http://www.dutoitfreeblog.com/.a/6a00d83451935369e20162ff83bb8d970d-800wi

     

    La meilleure taxe sur le capital reste le salaire

    A propos de la taxation des transactions financières annoncée par Nicolas Sarkozy

     

    Avec la proposition de Nicolas Sarkozy d’instaurer une taxe sur les transactions financières dite "Taxe Tobin", l’idée du Président de la république, futur candidat, est de se montrer comme le défenseur de l’intérêt général face à l’hyper puissance financière. Le Président remet de plus sur le devant de la scène, une idée à laquelle le voisin allemand, assez impopulaire dans l’opinion française, ne semble pas vouloir se rallier rapidement. Nicolas Sarkozy veut aussi mieux faire passer la pilule de la "TVA sociale" qui coince, y compris dans une partie de son propre électorat. La taxe sur les transactions financières a vocation à être un marqueur dans la campagne du futur candidat.
     

    Dépassant le simple effet d’annonce et la stratégie purement politicienne du Président candidat, nous proposons de réfléchir aux fondamentaux de ladite taxe. Pour cela, nous reviendrons sur le pourquoi de l’hypertrophie financière, sur la caractérisation des échanges en milieu financier pour ensuite traiter des questions relatives à la mise en œuvre de la taxe.


    1. Pourquoi la finance est-elle aujourd’hui hypertrophiée ?

    1ère idée fondamentale : la bonne santé de la finance dépend du taux d’exploitation du travail productif dans l’économie réelle.

    L’idée répandue est que la finance est toute puissante dans ce monde. Tout le monde en dépendrait, entreprises, États et collectivités, consommateurs/emprunteurs, salariés et elle dicterait la politique à suivre.

    Mais la question légitime à se poser est pourquoi et comment la finance a pris une telle importance ?

    La finance est la forme monétaire de l’accumulation du capital. La finance représente donc une partie du capital. De fait, si on distingue souvent les capitalistes industriels des capitalistes financiers, sur un plan global, le capital financier et le capital industriel forment un tout : il s’agit de deux facettes du capital.

    Si l’une des formes du capital s’hypertrophie, c’est-à-dire croît de manière rapide, c’est bien que le système capitaliste fonctionne. C’est-à-dire que le rapport social de production désormais mondialisé, assis sur le salariat généralisé, permet à une frange très limitée de la population mondiale de pomper la valeur produite par le travail du plus grand nombre. Nous nous limiterons ici à rappeler que seul le travail crée de la valeur (c’est-à-dire de la richesse économique sous forme de biens et de services). Le capitaliste exploite, au sens économique du terme, le travail et prend sa part de richesse.

    De l’intensité de l’exploitation du travail productif va donc dépendre la bonne santé du capital. Et plus le taux d’exploitation du travail productif sera important dans l’économie et plus le capital financier pourra croître et s’hypertrophier. La finance n’est donc absolument pas autonome. Sa « pérennité », sa « bonne santé » dépendent, sur longue période, du taux d’exploitation du travail productif dans l’économie réelle. Fondamentalement, la finance se nourrit de l’augmentation de la plus-value produite. Elle la capte en détournant à son avantage les gains de productivité au détriment du travail.

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    Par exemple, le graphique ci-dessus [1] montre qu’en France et d’après les chiffres de l’INSEE, la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée (échelle de gauche) a été concomitante avec une hausse des profits distribués sous forme de dividende (en pourcentage de la masse salariale, échelle de droite).

    La finance se nourrit de la faiblesse du salaire. Cependant, le capital pour assurer son accumulation doit faire face à deux contraintes : reproduire la force de travail, sinon la richesse ne se crée plus, et trouver des débouchés pour les biens et services produits. Dans les deux cas, il faut suffisamment de salaire ! Concernant les débouchés, on peut dire que jusqu’à la crise de 2008, la consommation des rentiers et le recours massif au crédit pour les ménages ont permis de « faire avec » la faiblesse du salaire et de maintenir la croissance de la consommation. Depuis la crise du crédit [2], la situation est beaucoup plus tendue. D’un côté, relancer la consommation demanderait d’augmenter les salaires, mais de l’autre cela signifierait à courte vue, la baisse du taux de marge des entreprises et la diminution des revenus du capital.

    La situation actuelle fait ressortir les contradictions inhérentes au système.

    Elles sont aujourd’hui exacerbées et la classe des capitalistes se crispe sur ses acquis en ne voulant rien lâcher. Le choix assumé par l’actuel gouvernement est par exemple de continuer à baisser le salaire que ce soit en remettant en cause la cotisation sociale via la TVA sociale ou en généralisant les « accords salaire contre emploi ».

    2de idée fondamentale : la mondialisation capitaliste et la financiarisation qui en résulte, émanent de politiques économiques et sociales coordonnées entre les grands États.

    Le monde économique dans lequel nous vivons n’est pas devenu ce qu’il est par hasard et fatalité. Il est le résultat d’une politique. On a tort de dire que la politique est désormais absente du débat. Le système n’est pas mal conçu. Il permet à un petit nombre d’individus de retirer d’énormes bénéfices de l’exploitation du travail productif. Il est donc conçu pour générer des inégalités économiques, sous couvert d’une doctrine libérale très marquée.

    Le mouvement est double puisqu’il comprend à la fois une dimension d’extension et d’intensification du degré d’exploitation : 
    - La mondialisation capitaliste a permis d’étendre l’exploitation à de nouveaux territoires comme la Chine, l’Inde… dont certains ont la taille de continents. Jamais, le capital n’a disposé d’un tel prolétariat [3] ! Cette mondialisation permet aussi d’ouvrir de nouveaux champs d’exploitation via les privatisations et la marche forcée vers la marchandisation des services publiques et de la protection sociale dans tous les pays. Le processus d’extension est donc double : il est géographique et sectoriel
    - La mondialisation capitaliste permet d’intensifier l’exploitation dans l’ensemble des pays et en particulier les pays développés de l’OCDE : la période est à la régression sociale, de plus en plus assumée politiquement via la mise en œuvre de politiques de rigueur. Dans un contexte qui lui est favorable, le capital a exigé et a obtenu des politiques la suppression de tous les obstacles à sa libre circulation : dérégulation, désintermédiation et décloisonnement font que les contraintes imposées aux acteurs de la finance ont considérablement été réduites. Ces acteurs peuvent ainsi se lancer dans une chasse à la plus-value au niveau mondial.

    Et le capital est allé jusqu’à obtenir aussi la privatisation du service de création monétaire au profit des banques commerciales. La création de monnaie devient un pur outil lucratif et orientable vers la spéculation sur les devises, les titres de dette publique, les titres d’entreprises, les matières premières, l’immobilier… La mondialisation capitaliste s’est aussi caractérisée par une défiscalisation des revenus du capital : une véritable « machine à défiscaliser » à été mise en place, selon l’expression de Vito Tanzi lorsqu’il était Directeur du département des affaires fiscales au FMI. On peut par exemple l’observer au travers de l’évolution du taux d’imposition des sociétés dans le monde et en particulier dans l’Union Européenne de 1993 à 2010 [4].

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    Aujourd’hui, les États semblent se trouver désarmés face à la finance. Cette situation n’est pourtant pas une fatalité qui se serait abattue sur eux et sur les peuples. Déréglementer, c’est aussi une politique ! Quand on dit que les grands dirigeants de la planète ont toujours du mal à se mettre d’accord, c’est faux ! Ils ont su mettre en place et coordonner une politique économique cohérente du point de vue du capital.

    Ce constat doit nous amener d’une certaine manière à l’optimisme puisqu’une politique économique coordonnée a donc déjà existé et à été mise en œuvre. Reste maintenant à en imposer une plus favorable aux travailleurs !

    2. Caractéristiques des échanges en milieu financier

    Les échanges monétaires dans l’économie réelle valident la valeur de marchandises et de services produits par le travail. Je paie un kilo de tomate, je paie une table, une coupe de cheveux… autant de richesses produites par le travail et dont la valeur est validée par un échange monétaire. Sur un territoire, lorsqu’on fait la somme de cette richesse économique produite on obtient le Produit Intérieur Brut (PIB). Ce même Produit fait l’objet d’une répartition entre le travail et le capital.

    Au bout du bout, les conditions de vie d’une personne vont dépendre de sa possibilité d’avoir accès aux richesses produites. La plupart d’entre nous accède plus ou moins bien à cette richesse selon le niveau du salaire perçu ; d’autres y accèdent par la rente, l’intérêt, le dividende… revenus du capital. Une petite part d’entre nous accède à cette richesse produite en accumulant du capital financier, c’est-à-dire un portefeuille de droits sur la valeur produite.

    Les échanges sur les marchés financiers portent sur ces droits qui prennent la forme d’actions, d’obligations, de SICAV, de produits financiers dérivés, de« droits à polluer », de titres de dette, de devises [5]…

    Les institutions financières qui gèrent les portefeuilles s’échangent ces droits entre elles. Elles « spéculent » sur la valeur future des droits et des devises : cette valeur future est in fine appréciée en fonction de la capacité estimée d’un « droit » à s’exercer sur l’économie réelle, c’est-à-dire à en extraire de la valeur. Par exemple, les actions d’une société qui promet le versement durable d’importants dividendes vont être très recherchées par les agents financiers.

    Chaque acteur de la finance vise à accumuler « les meilleurs droits sur la valeur », ceux à plus fort potentiel, ceux qui auront le meilleur rendement, ceux qui rapporteront le plus de dividendes, le plus d’intérêts… et ceux pour lesquels la spéculation est la plus juteuse. Chacun tente d’anticiper les baisses comme les hausses…

    La finance multiplie les échanges entre ses institutions : banques, fonds de couverture, fonds de pension, assurances, etc. jusqu’à créer des bulles spéculatives. Ces échanges sur du capital fictif, des droits sur la valeur, provoquent des gains et des pertes, qui globalement aux bornes de l’ensemble des agents financiers sont nuls. En permanence certains gagnent quand d’autres perdent dans un monde où l’objectif de tous est d’obtenir un rendement supérieur à la moyenne du marché ! Ce qui est logiquement impossible ! Tout le monde ne peut pas être satisfait.

    Ainsi, la finance peut croire qu’elle assure elle-même sa propre liquidité mais en réalité tout cela est fictif. Tant que l’échange de titres est possible, tant qu’un vendeur trouve un acheteur alors les plus-values sont réalisables. La spéculation en enrichit certains, sans pour autant produire de valeur. Tout cela fait oublier que, pour qu’au global et sur une longue période la finance croisse, il faut qu’elle soit en mesure de tirer toujours plus de valeur de l’économie réelle : par exemple en soutirant 50 milliards d’intérêts des titres de dette publique de l’Etat français en 2012 ou en recevant 35,6 milliards d’euros de dividendes et 10 milliards d’euros de rachats d’actions des groupes du CAC40 en 2011 [6], etc. La finance reste dépendante de l’économie réelle. Elle dépend du rapport d’exploitation. Gardons en tête notre première idée fondamentale.


    Les transactions financières sont les échanges monétaires de droits (devises, actions, obligations…) entre agents financiers. Le niveau des transactions financières est largement supérieur à celui des transactions réalisées dans l’économie réelle. Plus de 70 fois supérieur ! Les agents de la finance ne cessent de s’échanger des « droits » et de spéculer sur leur valeur future. Le nombre d’opérations donne donc le tournis ! De ce point de vue, la finance semble prendre le pas sur l’économie réelle. Mais c’est un mirage ! En réalité, une bataille de chien sévit entre financiers pour acheter au bon moment les meilleurs droits de tirage sur la valeur. Si la finance est frénétique et exaltée (que d’énergie en effet dépensée par ses agents dans les salles de marché !), c’est avant toute chose parce qu’elle estime que l’économie réelle va continuer à l’alimenter, c’est-à-dire que le taux de profit dans l’économie va rester élevé. Autrement dit, que l’exploitation du travail productif va continuer de s’étendre et de s’intensifier.


    3. Des échanges de plus en plus rapides et dématérialisés

    Une partie de plus en plus importante des échanges financiers échappe au contrôle des autorités de régulation. Si la City de Londres ou la bourse de Singapour concentrent autant d’échanges financiers, c’est parce que les contraintes et le contrôle y sont moins importants qu’à Paris ou à Francfort par exemple. Mais la finance pratique aussi de manière croissante des opérations qualifiées d’off-shore c’est-à-dire hors des grandes places financières. L’ingénierie financière crée des parades pour échapper aux contrôles.

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    Les échanges financiers sont réalisés sur des marchés dits régulés (bourse de Paris, New York…) mais aussi de plus en plus sur des marchés non régulés : paradis fiscaux, chambres privées de compensation comme le désormais célèbre Clearstream, échanges de gré à gré, etc. La finance a aussi créé des plateformes complètement dématérialisées pour réaliser des échanges qui concentreraient maintenant la majeure partie des transactions financières. Fragmentés, dématérialisés, les échanges seraient de moins en moins contrôlables.


    La finance est High-tech et utilise les outils les plus sophistiqués. Les ordres d’échanges sont gérés par des logarithmes informatiques afin d’arbitrer dans la milliseconde sur des titres. On achète à terme, on achète sur la base de plus-values non encore effectives… on achète avec de l’argent que l’on n’a encore pas… que d’innovations, que d’imagination, que de matière grise utilisées à des tâches sans réelle valeur ajoutée ! Mais si le développement de l’ingénierie financière est débridé c’est surtout parce que le législateur a décidé de lâcher la bride, d’abolir la plupart des contraintes réglementaires.

    4. Une taxe sur les transactions financières pour quoi faire ?

    C’est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy reprend à son compte l’idée générale de taxer les transactions financières.

    Cette idée n’est pas nouvelle. On l’attribue souvent à James Tobin, prix Nobel d’économie, suite à ses propositions formulées en 1972. Il est important de souligner que Tobin n’est pas un anticapitaliste. Sa proposition avait un simple objectif de régulation des échanges de devises suite à la montée en puissance de la spéculation au début des années 70. Rien de révolutionnaire donc. Tobin a même tenu à distinguer sa proposition d’origine de celles formulées par ceux qui ensuite ont repris à leur compte l’idée d’une telle taxe ; en France par exemple l’Association Attac.

    4.1. L’objectif de la Taxe

    Quel est l’objectif que l’on fixe à une telle taxe ?

     

    Première chose, la taxe sur les transactions financières porte sur les dites transactions et n’a pas pour objectif d’interférer sur le niveau fondamental du partage des richesses entre salaire et profit dans l’économie réelle. Ainsi, la taxe sur les transactions financières ne remonte pas à la source du problème. Nous y reviendrons en conclusion. C’est pourquoi d’ailleurs, de notre point de vue, elle peut être prônée par Nicolas Sarkozy. D’une certaine manière, on prend acte du partage des richesses favorable au capital (au détriment du salaire) et on propose d’apporter quelques corrections. On laisse ainsi intact le niveau d’exploitation du travail productif et pour le capital il s’agit bien là d’un acquis essentiel.

    Cette précision étant faite, deux points de vue sont à distinguer concernant l’objectif de la taxe : 
    - Une taxe sur les transactions financières aurait pour but de réguler les dites transactions. C’est la théorie du « grain de sable ». Comme la fréquence des transactions financières est très grande et que les plus-values réalisées par chaque agent à chaque transaction sont très faibles, il suffirait d’appliquer un taux très bas sur chaque transaction réalisée pour en réguler le nombre. Se faisant, les agents de la finance auraient moins d’intérêt à spéculer à court terme. Dans ce cas, la mise en œuvre de la taxe aurait pour conséquence de baisser le nombre des transactions et donc progressivement de limiter les montants levés via cette taxe.

    - Pour d’autres spécialistes, il serait illusoire de penser qu’on va réguler le rythme des échanges via une telle taxe : « Il existe d’autres instruments plus efficaces pour cela (renforcer les normes prudentielles, limiter l’accès à certains marchés et/ou à certains intervenants, scinder les activités, etc.). L’objectif de la taxe est aujourd’hui ramené à sa plus simple expression : collecter des fonds » [7]. Si ce n’est pas pour réguler les échanges financiers, la taxe aurait donc pour objectif de générer et de pérenniser de nouvelles ressources fiscales. C’est comme cela qu’elle est présentée au niveau de la Communauté Européenne.

    4.2. Ce sur quoi porte la taxe (« L’assiette »)

    L’autre point qui est en débat porte sur l’assiette de la taxe, c’est-à-dire la nature des transactions financières qui seraient imposées. Tobin limitait sa proposition à la spéculation sur les devises.

    Mais le champ de la finance et la nature des produits échangés sont immenses. Surtout, la faiblesse de la réglementation permet à la finance de limiter les traces laissées par la plupart des transactions réalisées. La mise en œuvre d’une taxe sur les transactions financières portant sur l’ensemble des produits financiers échangés nécessite d’abord la mise en œuvre de règles et de contraintes de traçabilité. Dans l’absolu, il faudrait contraindre les opérateurs financiers à réaliser tous leurs échanges sur des marchés réglementés ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui.

    Il y a donc fort à parier que l’assiette de la taxe ne sera pas déterminée ex-ante par le législateur mais ex-post, en portant seulement sur les transactions qu’il est possible de tracer et d’identifier. Le problème est alors que la majeure partie des transactions spéculatives en serait ainsi protégée.

    4.3. Quel taux ?

    Généralement, ceux qui prônent l’instauration d’une taxe sur les transactions partent du principe de l’application d’un taux faible d’imposition compris entre 0,05% et 1% au grand maximum. Au-delà, le taux aurait un effet contreproductif en ne limitant pas seulement les échanges spéculatifs mais également les échanges financiers considérés comme étant indispensables au bon fonctionnement de l’économie [8]. D’autres proposent la mise en œuvre de taux différenciés : très élevés pour les opérations purement spéculatives, très faibles pour les autres.Fondamentalement le présupposé est alors de pouvoir faire une distinction claire entre les transactions spéculatives et les autres. Pas facile !

    4.4. Qui taxe, qui collecte, qui profite de la taxe ? Le processus engagé au niveau européen

    Le modèle idéal présenté par les supporters d’une taxe sur les transactions financières serait celui d’une taxe mondialisée, c’est-à-dire appliquée de la même manière partout. Elle serait collectée par les États pour ensuite être affectée à des projets de développement internationaux.

    Plus modestement, le projet pourrait concerner une zone économique comme l’Union Européenne. Mais alors, outre que les partenaires de la zone Euro ont déjà du mal à se mettre d’accord, il faudrait surtout convaincre la Grande Bretagne de l’appliquer. En effet, la City de Londres concentre la majeure partie des échanges financiers en Europe. Cela pour une bonne raison : la finance y est plus tranquille qu’ailleurs.

    Un pays peut-il mettre en œuvre seul une telle taxe ? « oui ». Mais alors sa portée serait encore plus limitée. La Suède a essayé sans grand succès et s’est résignée à l’abandonner.

    4.5. Le processus engagé au niveau européen

    En juin 2011, la Commission avançait l’idée d’un taux compris entre 0,01 et 0,001% de la valeur des transactions rapportant entre 30 et 50 milliards d’euros par an au budget de l’Europe. Une résolution du parlement de Strasbourg fixe un objectif de recettes à terme de 200 milliards d’euros avec un taux passant à 0,05% [9]. L’Assemblée Nationale en France a approuvé la résolution européenne le 14 juin 2011 en précisant ses ambitions concernant l’assiette de la taxe : toutes les transactions boursières et non boursières, titres, obligations, et produits dérivés, de même que toutes les transactions sur le marché des changes.

    4.6. La taxation des transactions financières en France : retour sur l’annonce de Nicolas Sarkozy

    Dans son allocution du dimanche 29 janvier, Nicolas Sarkozy a annoncé la mise en place d’une « taxe boursière » à compter du 1er août 2012. Le taux serait plus important que les préconisations communautaires puisqu’il serait de 0,1%. La taxation concernerait les transactions sur les actions, celles sur les dérivés (comme les CDS) et le « trading haute fréquence » (les échanges automatisés à la microseconde). La taxe serait acquittée par les acheteurs.

    Le gouvernement espère que cette taxe rapportera 1 milliard d’euros. Ces recettes seraient affectées à la réduction des déficits publics et non à compenser la baisse des cotisations sociales patronales comme cela a été dit au départ [10].

    Pour un taux plutôt haut (par rapport à d’autres préconisations) la recette attendue est plutôt faible. C’est que l’assiette est réduite puisqu’il est précisé que la taxe porterait sur « les acquisitions à titre onéreux de titres admis sur les marchés réglementés d’entreprises dont le siège social est en France ». Ne seraient taxés que les échanges portant sur des titres de sociétés dont le siège est en France. L’argument est qu’il ne faut pas dissuader les sociétés étrangères de venir se faire coter sur le marché parisien.

    De plus, la taxation sur le « trading haute fréquence », sans réglementation et action coordonnée avec le Royaume Uni reste un vœu pieux ! En effet, en Europe, comme nous l’avons dit, c’est la City de Londres qui concentre la majeure partie des échanges. Et David Cameron a réaffirmé sa farouche opposition à une taxation de ce type sur le territoire du Royaume-Uni. On remarquera que la spéculation sur les devises et sur les obligations d’Etat ou d’entreprises ne seraient pas soumise à la taxe.

    Concernant les devises, on peut s’interroger sur le pourquoi de cette restriction. En fait, le 13 décembre 2001, à l’initiative du gouvernement de Lionel Jospin, une loi sur les transactions sur les devises avait été votée par le parlement. Faisant partie du Code Général des Impôts, elle n’a pourtant jamais été appliquée. Son dernier alinéa prévoit en effet que : « Le décret mentionné ci-dessus prend effet à la date à laquelle les Etats membres de la Communauté Européenne auront dû achever l’intégration dans leur droit interne des mesures arrêtées par le Conseil prévoyant l’instauration, dans l’ensemble des Etats membres, d’une taxe sur les transactions sur devises ».

    Ça n’a jamais été fait !

    5. En guise de conclusion

    La politique économique menée par les gouvernements successifs depuis le début des années 70 a mené à contenir les salaires par une politique de rigueur et au contraire à lâcher les brides du capital. La finance s’est développée sur ce rapport d’exploitation. Les gouvernements ont délibérément déréglementé la finance et défiscalisé les revenus du capital. La finance, grenier à grain du capital, se porte bien d’abord parce que le flux de richesse nourrit de mieux en mieux le capital au détriment du travail. L’État, comme gouverné actuellement, n’a pas l’intention de reprendre de la main gauche ce qu’il a donné de la main droite. Il le laissera penser par des mesures comme celles annoncées par Nicolas Sarkozy le 29 janvier. Mais ne soyons pas dupes !

    La finance n’est pas hypertrophiée parce qu’elle spécule. Elle spécule parce qu’elle est hypertrophiée. Pourquoi l’est-elle ? Parce que le taux d’exploitation du travail productif est historiquement haut depuis les années 80.

    Aujourd’hui, le monde est en train de supporter un trop plein de profit et un trop peu de salaire mais, au lieu de prendre le taureau par les cornes, on tente de lui planter quelques banderilles qui au mieux ressemblent à des aiguilles à tricoter. La proposition de Nicolas Sarkozy ne va pas plus loin. Et quand le taureau de la finance a découvert son torero, il n’a pas dû être impressionné. Il s’est notamment rappelé que le courageux avait un moment promis la fin des paradis fiscaux !

    Plus sérieusement, une taxe sur les transactions financières devrait au minimum faire partie d’un « train de mesures ». Elle n’a de sens que si elle s’insère dans un ensemble cohérent de mesures de politique économique et fiscale. C’est d’ailleurs de la sorte qu’une association comme Attac la conçoit sans aller aussi loin que nous pourrions l’envisager.

    De notre point de vue, s’il faut passer par une telle taxe pour inverser un processus trop favorable au capital, la perspective est autrement plus intéressante. Mais alors, par cohérence, il faut intégrer d’autres éléments qui demandent de rentrer en conflit ouvert avec la partie adverse : pouvoir de contrôle et transparence fiscale obligent.

    Pour le moins : 
    - Revenir sur la déréglementation de la finance ; réinstaurer des règles, monter des cloisons entre les différentes institutions et mettre à bas la doctrine libérale de « libre circulation » qui n’est qu’un fardeau pour le travail. 
    - Interdire aux institutions financières qui ont pignon sur rue et à leurs filiales de réaliser des transactions dans des paradis fiscaux, des chambres de compensation privées ou des plateformes virtuelles non réglementées. 
    - Engager un processus de socialisation de la création monétaire pour qu’elle ne soit plus un instrument lucratif au service des banques commerciales. 
    - Refiscaliser les revenus du capital. 
    - Et surtout, tarir le flux à la source en menant une politique favorable au salaire. Remettre ainsi en cause le rapport d’exploitation tel qu’il est.

    Via des propositions comme la taxation des transactions financières, on cherche à corriger un peu les inégalités générées par le système. Mais si l’on veut être efficace, alors il convient de rappeler que la meilleure taxe sur le capital est encore le salaire !

    Lilian Brissaud, directeur de CIDECOS 

      mercredi 29 février 2012

     

    Droit d’Alerte n°15


    [1] Tiré de Michel Husson : « compression salariale et inégalités de revenus », octobre 2010.

    [2] Qui masque en réalité la crise du salaire.

    [3] La notion de prolétariat regroupe l’ensemble des individus qui n’ont pas d’autre choix pour vivre que de vendre leur force travail.

    [4] Tiré de Michel Husson : « Où va le capitalisme ? ».

    [5] Détenir la monnaie d’un pays c’est avoir accès à la valeur économique que ses agents produisent.

    [6] Source : la lettre Vernimmem.net, n°104, janvier 2012.

    [7] « Taxer les activités financières : un débat qui rebondit », la Lettre du Centre d’Etudes Prospectives et d’Informations Internationales (CEPII) n°304 – 23 décembre 2010.

    [8] Notre point de vue est qu’on doit surtout distinguer le financement de l’économie de « la finance ». Autrement dit, on peut très bien financer l’économie réelle en se passant de ce qu’on appelle aujourd’hui « la finance ». Nous développons ce point dans d’autres écrits.

    [9] Le taux de 0,05% a aussi été proposé par Attac estimant que cela pourrait rapporter entre 400 à 1000 milliards d’euros au niveau mondial.

    [10] Article du journal Les Echos, du lundi 30 janvier 2012.


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    Mercredi soir Serge Desbrosses, candidat Front de gauche à la 3 e circonscription, suppléé de Sylvie Lefèvre, a partagé sa vision de l’avenir lors d’une assemblée citoyenne au Creusot à la salle Saint-Henri.

    Quel regard portez-vous sur la perte du triple A ?

    Le gouvernement en a fait beaucoup sur la perte éventuelle du triple A. Il a mis en marche la machine à écraser les avancées sociales. Malgré tous ses efforts, le triple A a sauté comme la banque au casino. Les pseudo-experts se trompent, ils nous délivrent des discours mensongers. Le triple A, il faut en sortir. Ne nous agenouillons pas. Nous ne devons pas nous plier à l’économie, mais l’économie doit se plier aux besoins des humains.

    Quel regard posez-vous sur l’action gouvernementale ?

    Ce pouvoir n’a pas les compétences requises pour sortir la France de la crise puisqu’il obéit à la domination financière. Avec l’austérité, c’est la croissance réelle qui va baisser et diminuer les rentrées d’impôts et de cotisations. Le danger pour la France n’est pas, comme le clame le Front national, l’étranger, mais bien les banques et leurs actionnaires.

    Pour vous, quelles sont les priorités ?

    Il faut immédiatement reprendre le contrôle public des banques françaises, c’est indispensable. Au lieu de diaboliser la dette publique, engageons un audit citoyen pour faire part de la bonne et de la mauvaise dette. On entend beaucoup parler de vote utile. Pour nous, le vote utile est celui qui portera le Front de gauche au 2 e tour. Pour nous, la priorité, c’est l’humain d’abord.

     

    http://www.lejsl.com


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