• Nouveau traité européen

    Aujourd'hui, nos députés vont voter ou non la mise en place du Mécanisme Européen de Stabilité Financière (MES), premier étage d'un nouveau traité européen pour lequel les français ne seront pas consultés.

    De l'enfumage ! Pendant que Marine Le Pen et les médias titrent sur l'anonymat du parrainage des candidats à l'élection présidentielle, c'est l'avenir de la démocratie française qui se joue à l'Assemblée nationale. Mais ça, il ne faut pas que les citoyens le sachent !

    Ce sont les députés communistes et du Front de Gauche qui ont exigé un vote publique et nominal à l'Assemblée du texte mettant en place le Mécanisme Européen de Stabilité Financière (MES).

    Ce "mécanisme" met en place un système d'aide financière aux pays européens en difficulté, ce qui pourrait paraître bien. Sauf que la contrepartie, c'est une obligation de rigueur totale dans les comptes des nations et des collectivités : pas plus de 0,5 % de déficit par an ! On est loin des critères de Maastricht de 3 %, critères que n'atteignent déjà pas la plupart des pays européens, France et Allemagne en tête !

    En somme, c'est une austérité permanente qui sera exigée de tous les pays européens et même des collectivités locales car il sera impossible de faire des dépenses d'investissement suffisantes. Ce sera, au contraire, la course aux économies : une austérité renforcée et désormais permanente.

    Puisqu'il est de bon ton de comparer un budget gouvernemental et un budget familial, ce MES, c'est comme ci on vous interdisait de prendre un crédit pour acheter une voiture, un lave-linge ou (pire !) une maison car cela provoquerait automatiquement un déficit dans votre budget ! En effet, un crédit, c'est de l'argent que vous devez donc un déficit.

    Les Etats européens et les collectivités locales, Régions, Départements ou communes, ne pourront plus investir massivement pour soutenir l'économie ou maintenir des services publics !

    C'est ainsi que va se mettre en place la fameuse "règle d'or" voulue par Sarkozy et Merkel et qui est inclue dans un nouveau traité européen auquel ce MES est juridiquement lié. Ce traité doit être signé début mars et obligera les pays signataires à respecter une "règle d'or" sur l'équilibre des comptes publics. Il s'agit de l'article 5 du texte sur le MES, qui conditionne le fait de pouvoir bénéficier de celui-ci à la ratification du traité sur la solidarité et coordination gouvernementale.

    En clair, on nous refile le MES avant de nous refiler le traité complet !

    Et qui s'oppose à ce traité ?

    La droite ? Evidemment non ! C'est elle qui le présente !

    L'extrême-droite ? Non plus ! Marine amuse la galerie pour le compte des milieux financiers avec son histoire de parrainage.

    Le PS et les Verts d'Europe Ecologie ? Eux non plus ! Ces deux groupes ont décidé de s'abstenir ce qui revient dans les faits à laisser la droite voter ce texte donc à le soutenir sans donner l'impression de le faire.

    Les seuls qui s'opposent réellement à ce MES et au nouveau Traité européen imposant la "règle d'or", ce sont les députés communistes et leurs partenaires du Front de Gauche !

    Jean-Luc Mélenchon, au nom du Front de Gauche, exige un référendum sur le traité, mettant la pression sur les députés PS. Le candidat du Front de gauche ne s'est pas privé d'en appeler à ceux de ses anciens camarades socialistes qui avaient voté contre le Traité constitutionnel européen en 2005, citant "Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, Alain Vidalies" : "Les 115 qui ont voté avec moi au Congrès de Versailles contre le Traité de Lisbonne ont-ils changé d'avis ou bien vont-ils de nouveau voter contre à l'occasion de cette réunion du 21 février ?"
    Avant le vote, le candidat à la présidentielle tiendra une conférence de presse, et un rassemblement auquel participera Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, est prévu devant le palais Bourbon.

    Une chose est sûre, c'est qu'à l'intérieur de l'Assemblée, les députés du PCF et du Parti de Gauche voteront contre ce traité européen et ce mécanisme de super austérité. Aux électeurs qui ont voté NON en 2005 de comprendre qui est dans leur camp.


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