• 100 jours pour faire la différence

    OPERATION VERITE SUR LES CANDIDATS

    À l'heure où la confusion est entretenue sur les projets des candidats et leur contenu occulté, nous avons compilé et confronté les mesures phares des principaux candidats à l'élection présidentielle sur huit thèmes au cœur de l'actualité.
     
    Une campagne marquée par le flou des programmes », titrait récemment un quotidien du soir, qui se demandait « où sont les projets, les propositions, les listes de mesures à prendre d'urgence ».

    Eh bien, les voici. L'Humanité les a compilés en allant chercher dans le tréfonds des programmes des candidats ou de leurs partis, dans leurs déclarations publiques.

    Bien sûr, ce travail ne prétend pas à l'exhaustivité, loin s'en faut. Les thèmes retenus ne font pas le tour des enjeux électoraux du printemps prochain.

    Et pour chacun d'entre eux, nous n'avons pas pu inclure toutes les propositions des candidats.
    Celles-ci sont plus ou moins étoffées ou finalisées, les candidats ne s'étant pas tous déclarés, à l'instar de Nicolas Sarkozy qui entend se tenir à l'abri de sa stature présidentielle aussi longtemps qu'il le peut.

    Mais la compilation que nous avons effectuée montre que ces projets ne sont pas si "flous" qu'on veut bien le dire.

    Qu'en tout cas, se dégagent de grandes orientations qui en disent parfois plus long que des catalogues de propositions.

    Simplement, la confrontation démocratique se trouve occultée, reléguée à l'arrière-plan de la scène médiatique par le jeu des petites phrases et des mesures spectaculaires distillées au compte-gouttes, brouillant la cohérence des programmes.
    Un jour la TVA sociale, un autre, la suppression du quotient familial... Nous avons pris un autre parti : celui de faire, comme en 2005 avec le traité constitutionnel européen ou avec le projet de traité Sarkozy-Merkel, la lumière sur le contenu réel de ces projets. Pour redonner du sens à la campagne, à cent jours du premier tour de l'élection présidentielle.

    EMPLOI

    JEAN-LUC MELENCHON, FRONT DE GAUCHE

    L'objectif du Front de gauche est d'éradiquer le chômage et la précarité. En plus d'un statut social et d'un système d'allocations pour tous les jeunes permettant leur autonomie et d'une Sécurité sociale professionnelle, il propose de réaffirmer le CDI comme la norme du contrat de travail, d'interdire les licenciements boursiers et de garantir de nouveaux droits aux salariés dans la gestion de leur entreprise. À propos de l'industrie, Jean-Luc Mélenchon, devant les salariés de Petroplus, a prôné la création de « visas sociaux et environnementaux sur toutes les marchandises qui entrent en Europe », pour empêcher le dumping social et les délocalisations.

    NICOLAS SARKOZY, UMP

    Le parti présidentiel est muet sur la question. En revanche, il pointe spécialement les demandeurs d'emploi. La principale injustice en la matière, de son point de vue, est le fait que les plus modestes puissent toucher à deux autant qu'un travailleur au Smic. La solution au chômage est, en conséquence, « la baisse de l'assistanat ». À propos de ré industrialisation, il est proposé de « repenser en profondeur la fiscalité de l'épargne pour la concentrer sur les placements longs en actions qui permettront d'apporter à l'industrie les fonds propres dont elle a besoin ». « Produire en France ? » Petroplus illustre l'ambition.

    EVA JOLY, EUROPE ÉCOLOGIE-LES VERTS

    « La ré industrialisation de nos territoires, dit le programme d'Europe Écologie-les Verts, est une nécessité pour lutter à la fois contre le changement climatique, la mise en concurrence internationale de salariés et le dumping social et environnemental. Inverser la tendance, c'est relocaliser et créer des emplois nouveaux et de qualité en s'appuyant davantage sur une spécialisation au niveau territorial, sur le réseau d'entreprises intermédiaires, sur les circuits courts. Les secteurs stratégiques de la reconversion sont l'énergie, le bâtiment, la chimie verte et le recyclage. La création d'au moins 600000 emplois par la transformation écologique de l'économie. »

    FRANÇOIS BAYROU, MODEM

    Pour développer la production en France, François Bayrou ressasse qu'il faut de la « volonté » et un « label produit en France ». Il affirme être pour le soutien de « la politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux ». Le président du Modem appelle à « un assouplissement du droit du travail », qui est, selon lui, « absolument nécessaire ». Au sujet des trente-cinq heures, il parle « d'une erreur très grave ». Il propose ainsi d'engager « branche par branche, entreprise par entreprise, des négociations » pour revenir sur cette mesure phase du gouvernement Jospin et mettre fin au principe même de la durée légale.

    FRANÇOIS HOLLANDE, PARTI SOCIALISTE

    Outre le « contrat de génération », à base d'exonérations de charges, François Hollande entend « faire de la ré industrialisation de notre pays un des chantiers »de son quinquennat. « C'est le sens, dit-il, de mon projet d'une banque publique d'investissement pour appuyer les projets innovants. J'agirai en faveur du soutien au développement des PME, qui représentent ce précieux gisement d'emplois, à travers un livret d'épargne qui leur sera consacré. » Dans le public, 60000 postes enseignants seraient créés, mais sans revenir sur les 100000 postes supprimés depuis 2002. Le solde reste négatif.

    MARINE LE PEN, FRONT NATIONAL

    La candidate envisage la mise en place d'une « planification stratégique de la ré industrialisation », rattachée au premier ministre, associant universités et grandes écoles, industriels et représentants de l'État. Elle a également évoqué une contribution de « 15 % de leur résultat net » des « 50 grandes entreprises à capitalisation boursière », dans un fonds de ré industrialisation : 60 milliards d'euros... qui leur seront rendus au bout de cinq ans. En matière d'emploi, elle propose le doublement du poste « développement des entreprises et de l'emploi », soit 3 milliards en cinq ans, et le passage de 500000 à 700000 apprentis.

    SALAIRES

    JEAN-LUC MELENCHON, FRONT DE GAUCHE

    Le Front de gauche défend l'augmentation immédiate du Smic à 1 700 euros brut par mois pour 35 heures par semaine et s'engage à le relever à 1700 euros net pendant la législature. À l'autre bout de la chaîne, un salaire maximum serait instauré. Il s'agirait de limiter l'écart maximum entre salaires à un rapport de 1 à 20 et de limiter les revenus à 20 fois le revenu médian (soit 360000 euros par an) par la fiscalité.

    EVA JOLY , EUROPE ÉCOLOGIE-LES VERTS

    Mise en place d'un revenu maximum acceptable (RMA) et d'un seuil pour les hauts revenus fixé à trente fois le Smic. Revalorisation des minima sociaux de 50 % et instauration d'un revenu universel inconditionnel, individuel, garantissant à chaque citoyen un revenu décent à hauteur de 80% du Smic. Une négociation salariale entre les syndicats, patronat et État sera mise en place.

    FRANÇOIS HOLLANDE, PARTI SOCIALISTE

    Depuis la campagne de la primaire, François Hollande assure que, s'il était élu, il grèverait le salaire présidentiel de 30%. Si le projet socialiste, renvoyé aux calendes grecques afin d'adapter le programme à la situation de crise, suspendait toute augmentation à « une conférence annuelle tripartite », le candidat ne se prononce pas clairement quant aux salaires et aux minima sociaux.

    NICOLAS SARKOZY, UMP

    Le sujet est le grand absent du programme sarkozyste. Il propose « une prime versée sous forme de chèque vacances», suggère la création « d'une prime au mérite nette de charges et plafonnée », « un déblocage de fonds de participation » ainsi que « la détaxation des primes diverses versées aux salariés ». Encore ces propositions sont-elles seulement indicatives. Soumises au candidat, à charge pour celui-ci d'en décider.

    FRANÇOIS BAYROU, MODEM

    Refus d'augmenter le Smic, encouragement fiscal aux heures supplémentaires (compensées par des baisses de cotisations patronales comme il se doit), François Bayrou se distingue peu de l'UMP dans son programme. Rien sur le temps partiel contraint, par exemple. Un motif de réjouissance, toutefois : «Nous ne baisserons pas les salaires. Parce que ce ne sont pas les salaires qui expliquent notre retard face à nos concurrents allemands. » Ouf.

    MARINE LE PEN, FRONT NATIONAL

    Elle ne parle pas d'augmentation du Smic, mais pour le privé d'une « modulation de l'impôt sur les sociétés »pour inciter les entreprises à « distribuer davantage de leurs profits à leurs salariés », et la création de « réserves légales de titres » reconnaissant au personnel une part de la société, sans vote mais donnant droit aux dividendes. Dans la fonction publique, elle prévoit l'augmentation du point d'indice, « plus sensiblement pour les petits salaires ».

    RETRAITES

    JEAN-LUC MELENCHON, FRONT DE GAUCHE

    Comme lors du mouvement social de l'automne 2010, la position du Front de gauche est claire : « Nous rétablirons le droit à la retraite à 60 ans à taux plein (75 % du salaire de référence) pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions particulières donnant droit à des départs anticipés. Aucun salarié ne touchera de retraite inférieure au Smic. »

    EVA JOLY, EUROPE ÉCOLOGIE-LES VERTS

    La garantie du droit au départ à la retraite à 60 ans sans décote ni surcote. Les salariés ayant exercé des métiers pénibles bénéficieront d'une durée de cotisation plus faible leur permettant de partir avant 60 ans. Il sera également possible de compenser des carrières féminines incomplètes par le maintien des trimestres gratuits et la mise en place d'une majoration par enfant à charge.

    FRANÇOIS HOLLANDE, PARTI SOCIALISTE

    En décembre, il modifiait la proposition contenue dans le projet et entérinait les réformes de 2003 et 2010, selon la CGT. « Ceux qui ont commencé leur vie professionnelle à 18 ans, quiontfait41 années de cotisation, 42 ans, pourront partir à 60ans. Ceux qui n'ont pas leur durée de cotisation, ne le pourront pas. (..Il n'y aura pas de départ possible avec décote avant 62 ans », disait-il alors en mêlant habilement âge de départ et durée de cotisation.

    NICOLAS SARKOZY, UMP

    Toute la philosophie du candidat tient dans son bilan. Un second mandat consistera à pousser la logique. Avec en particulier un âge de départ légal en permanence différé au-delà de 62 ans, une durée de cotisation calquée sur les systèmes les plus durs et un taux plein repoussé d'année en année à plus de 65 ans. Il s'agira de privilégier le recours à une épargne privée, les assurances ou les fonds de pension liés aux marchés financiers.
     
    FRANÇOIS BAYROU, MODEM

    «On ne fera pas le retour à la retraite à 60 ans. » Le président du Modem veut « un régime par points, individualisé ». Ainsi, « chaque citoyen aura acquis (...)un certain nombre de droits, différents selon les cas, selon la durée, la pénibilité du travail... À partir de ces droits, chacun décidera lui-même de l'âge de départ à la retraite et donc du montant de cette retraite ». Une retraite à la carte qui renforce les inégalités en matière de pension.

    MARINE LE PEN, FRONT NATIONAL

    Le « déséquilibre » du système de retraite, du à la démographie, sera compensé par une « politique nataliste volontariste ». Le FN propose le retour à « 40 annuités de cotisation », mais rien sur le départ à 60 ans. Il veut « fusionner «régimes de base et complémentaires, créer une « caisse séparée pour la fonction publique » et supprimer le minimum vieillesse aux étrangers « n 'ayant pas travaille et cotisé en France pendant au moins dix ans ».

    MARCHES FINANCIERS

    JEAN-LUC MELENCHON, FRONT DE GAUCHE

    « Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers »est l'une des priorités du Front de gauche qui, à l'opposé de la logique libérale, propose une nouvelle réglementation comprenant notamment un pôle public financier pour « transformer la politique du crédit », le blocage des échanges de capitaux avec les paradis fiscaux, une réorientation de la Banque centrale européenne « pour lui permettre de prêter à taux faibles, voire nuls, directement aux Etats ».

    EVA JOLY, EUROPE ÉCOLOGIE-LES VERTS

    Favorables à une taxe sur les transactions financières, les écologistes proposent un pôle bancaire public adossé a minima à la Banque postale et un pôle financier public à la Caisse des dépôts et à la banque Oseo. Lutter contre les paradis fiscaux, limiter la capacité des fonds spéculatifs à s'endetter auprès des banques, séparer « banque d'affaires »et banque de dépôt... Autant de propositions pour « libérer l'économie de la finance».

    FRANÇOIS HOLLANDE, PARTI SOCIALISTE

    Pour François Hollande, d'accord pour taxer les transactions financières, mais plutôt que mettre au pas les marchés financiers, le PS se propose de les contourner, par l'émission d'eurobonds (emprunts européens) et l'autorisation donnée à la BCE de financer la dette souveraine des États membres de la zone euro. Ainsi qu'une assiette commune européenne de l'impôt sur les sociétés. Pour le reste, le PS veut que la France garde son triple A.

    NICOLAS SARKOZY, UMP

    Nicolas Sarkozy prétendait « moraliser les marchés financiers ». Le programme de l'UMP ne consacre pas une seule ligne, ne serait-ce qu'à une régulation du secteur financier et bancaire, et rien sur la financiarisation pourtant à l'origine de la crise. Le candidat ressort le projet de taxe sur les transactions financières, dite Tobin, sans en préciser ni le montant, ni l'assiette. Les banques ont été sauvées grâce à des fonds publics. Sans contrepartie.

    FRANÇOIS BAYROU, MODEM

    François Bayrou n'est pas du tout dans l'optique de maîtriser les marchés financiers. Il exonère même les banques de la crise financière et estime que « ce sont les États qui ont planté les banques ». Les mesures qu'il prône dessinent un programme entièrement dédié à alimenter les profits, au détriment des dépenses sociales. Le président du Modem est ainsi partisan de nouvelles exonérations de cotisations pour les entreprises, à hauteur de 8 milliards d'euros par an.

    MARINE LE PEN, FRONT NATIONAL

    Marine Le Pen propose d'adopter « des mesures de contrôle des mouvements de spéculation des capitaux », sans détailler la façon dont ce contrôle s'effectuerait. Par ailleurs, « les banques de dépôt feront l'objet d'une nationalisation partielle » qui pourrait ne pas être définitive, pour«assainir les pratiques bancaires et sécuriser l'épargne des Français ».

    PROTECTION SOCIALE

    JEAN-LUC MELENCHON, FRONT DE GAUCHE

    « Ce financement doit être construit à partir des cotisations sur les salaires », affirme le Front de gauche, qui se prononce contre toute fiscalisation de la protection sociale et, ainsi, « aller vers la suppression delà CSG ». Estimant sur son blog que « la TVA sociale consiste à faire de la redistribution à l'envers », Jean-Luc Mélenchon propose une nouvelle cotisation sur les revenus financiers des entreprises et la modulation des cotisations patronales en fonction de leurs choix sur l'emploi et la formation.

    EVA JOLY, EUROPE ÉCOLOGIE-LES VERTS

    La TVA sociale est « une mauvaise réponse à deux vrais enjeux: élargir le financement de la protection sociale et mettre fin à là désindustrialisation de la France », selon Eva Joly. Pour élargir le financement de notre modèle social, elle propose « d'augmenter la CSG en la rendant progressive », en introduisant une plus « grande équité dans le financement, et de faire contribuer les revenus du capital, puisque l'assiette de la CSG porte sur tous les revenus et pas seulement sur ceux du travail ».

    FRANÇOIS HOLLANDE, PARTI SOCIALISTE

    Pas de TVA sociale pour le candidat, qui considère que les produits français seraient loin d'être protégés contre les produits d'importation avec un tel système. « Ce sont les ménages modestes, ceux qui consomment tout leur revenu et donc paient proportionnellement le plus de TVA, qui seront le plus touchés. » Lui, qui avait fait de la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG l'un des points phares de sa réforme fiscale, semble ajourner sa proposition pour proposer un « rapprochement » des deux systèmes.

    FRANÇOIS BAYROU, MODEM

    Après s'être exprimé pour la TVA sociale, le Modem s'est ravisé et a proposé, pour le financement de la Sécu, une TVA relevée de 2 points. Plus que ce qu'a obtenu Fillon. « On l'a vu avec l'Allemagne, soutient Bayrou, une hausse de trois points, c'est relativement indolore. »Le « projet humaniste » du Modem propose « une disposition constitutionnelle visant à fixer (...)! 'équilibre des comptes de la Sécurité sociale ». Il propose d'étendre la règle d'or au-delà de ce que prévoit pour l'instant Sarkozy.

    NICOLAS SARKOZY, UMP


    La TVA sociale avait été rangée dans les tiroirs de l'Elysée, pour cause d'impopularité : en finir avec le financement fondé sur les richesses produites par le travail avec des cotisations salariales et patronales. Pour satisfaire ses amis de la finance et du CAC 40, Nicolas Sarkozy vient de ressortir le projet. Il bouscule en profondeur le financement : celui-ci reposerait essentiellement sur une augmentation de la TVA sur les produits de consommation. Les entreprises seraient exonérées.

    MARINE LE PEN, FRONT NATIONAL

    L'équilibre des comptes sociaux passe par la « priorité nationale » : la candidate veut « instaurer un délai de carence d'un an de résidence continue en France et de cotisation » avant de bénéficier de la Sécurité sociale, supprimer l'Aide médicale d'État, et créer un « observatoire des droits sociaux des étrangers ». Elle veut créer un « secrétariat d'État de lutte contre la fraude » et mobiliser dans un plan de lutte « l'ensemble des services publics caisses de Sécurité sociale, médecins, collectivités, services fiscaux) ».

    NUCLEAIRE

    JEAN-LUC MELENCHON, FRONT DE GAUCHE

    En octobre dernier, Jean-Luc Mélenchon proposait à l'ensemble des candidats de gauche « un point de convergence, la nécessité de sortir des énergies carbonées », et leur demandait, pour éviter des divisions inutiles, de soutenir la proposition du Front de gauche d'un référendum précédé d'un débat sur l'ensemble des scénarios énergétiques. Le programme prévoit également « un pôle 100 % public de l'énergie » et s'engage à programmer les investissements nécessaires à l'efficacité énergétique et à la diversification des sources d'énergie.

    EVA JOLY, EUROPE ÉCOLOGIE-LES VERTS

    Plan de transition énergétique, sortie du nucléaire et investissements dans les énergies renouvelables avec 1 million d'emplois à la clé. Sortir du nucléaire d'ici à 2031, arrêt progressif mais définitif des 58 réacteurs nucléaires et démantèlement régulier sur trente ans dès 2012. Arrêt des projets d'EPR. Dans l'accord avec le PS, les écologistes acceptent la diminution de seulement 50 % des réacteurs nucléaires et la poursuite de la construction de l'EPR de Flamanville. Enfin, refus des écologistes d'un référendum sur ce sujet.

    FRANÇOIS HOLLANDE, PARTI SOCIALISTE

    Le candidat pose quatre « principes »à la transition énergétique: l'indépendance, la sécurité, l'emploi et le pouvoir d'achat. S'il considère la sortie complète du nucléaire « irréaliste », il tente une médiation avec les écologistes en proposant de « sorti progressivement du "tout-pétrole" pour les transports et du "tout-nucléaire" pour l'électricité ». Afin de diversifier, il envisage l'incitation fiscale au développement des énergies renouvelables, de rénovation thermique du bâti et l'instauration d'un « tarif de base pour l'essentiel et d'un tarif progressif pour le confort » concernant l'électricité.

    FRANÇOIS BAYROU, MODEM

    Flou intégral quand aux étapes d'une transition énergétique, pour parvenir à l'énergie « la plus dé carbonée possible ».  Nous devons aller vers des sources d'énergies renouvelables et non polluantes d'ici quarante à cinquante ans ». indique le projet 2012. « La France doit se doter d'une autorité de surveillance indépendante », écrit-il, quand c'est déjà le cas avec l'ASN. Il prône un « débat national », sans trancher explicitement pour un référendum.

    NICOLAS SARKOZY, UMP

    « II ne peut pas y avoir de ruptures du fait d'alternances démocratiques. Il doit y a voir un consensus lorsque l'intérêt de la nation est en cause. C 'est mon rôle que de ne pas laisser dilapider l'héritage que nous avons reçu. » Pour le candidat de la droite, pas question de modifier l'équilibre entre les filières de production d'énergie. Selon lui, le nucléaire, c'est « la trajectoire de progrès, de connaissance, de recherche d'innovation et de croissance ». Tout autre choix serait « une catastrophe », « une folie ».

    MARINE LE PEN, FRONT NATIONAL

    Le FN dit vouloir faire des technologies hydrauliques, éoliennes, et des carburants verts « un recours possible et viable dans le cadre d'utilisations locales ». Parallèlement, elle soutient les programmes de recherche nucléaire (Iter, EPR) et sur les « dispositifs de sûreté nucléaire «car «maintenir l'indépendance énergétique de la France et ses bonnes performances en matière d'émission de CO2, impose de conserver l'énergie nucléaire à moyen terme ». Même si, « à long terme, il est souhaitable de pouvoir sortir du nucléaire"

    EUROPE

    JEAN-LUC MELENCHON, FRONT DE GAUCHE

    « Parce que l'Europe ne peut se faire sans ni contre les peuples, nous exigeons la convocation de référendums », écrivait Jean-Luc Mélenchon à propos du traité proposé par le duo Sarkozy-Merkel, en décembre lors d'une conférence de presse tenue avec Oskar Lafontaine. Avec la même philosophie, le Front de gauche estime nécessaire de s'affranchir du traité de Lisbonne pour construire une Europe plus solidaire, en tendant vers l'harmonisation des droits sociaux et politiques, et plus démocratique avec des pouvoirs accrus pour le Parlement européen.

    EVA JOLY, EUROPE ÉCOLOGIE-LES VERTS

    Un pacte écologique et solidaire remplacera le pacte de stabilité et de croissance et les critères de Maastricht. Un bouclier social européen incluant la mise en place d'un revenu minimum et maximum européen, un socle commun de droits sociaux, un moratoire sur toute nouvelle libéralisation des services publics. Création d'une Europe fédérale avec élection en 2014 d'une « Assemblée constituante ». Le statut de la Banque centrale sera remis à plat pour renforcer le contrôle démocratique. Elle pourra prêter directement aux États.

    FRANÇOIS HOLLANDE, PARTI SOCIALISTE

    « Ce que je propose, ce n 'est pas un fédéralisme des marchés mais un fédéralisme des projets ». Le candidat socialiste ne remet pas en cause l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) et préfère agir dans le cadre des traités actuels. « Je souhaite qu'elle puisse élargir son rôle de prêteur et intervenir de façon mesurée contre la spéculation dans le cadre de ses statuts actuels. » Il garde le silence quant au rachat des dettes par la BCE ou sa gestion de l'euro, avec pour seule fin d'attirer les capitaux en compressant la protection sociale ou les salaires.

    FRANÇOIS BAYROU, MODEM

    Après avoir suggéré de revoter en 2005 si jamais les Français votaient mal. Bayrou adresse aux électeurs du « non » des messages tranchant avec son soutien à la droite européenne libérale et son fédéralisme historique. « Cette hystérie contre l'Europe libérale est fascinante et désespérante », déclarait-il en 2005. Quant à la BCE, c'est pour lui le parangon de l'orthodoxie. Il fut le seul candidat à la présidentielle de 2007 à applaudir à un relèvement des taux plombant les exportations.

    NICOLAS SARKOZY, UMP

    Dans son programme pour 2012, l'UMP plaide pour « une Europe forte et protectrice », et place « la souveraineté européenne au cœur des grands enjeux du prochain quinquennat ». L'objectif affiché étant de « rassurer des Français souvent démunis face aux menaces de la mondialisation ». En toute logique, il se prononce en faveur d'abandons de souveraineté, en particulier en matière de prétendue lutte contre les déficits publics. Nicolas Sarkozy est favorable à un nouveau traité gravant dans le marbre cette atteinte contre la démocratie.

    MARINE LE PEN, FRONT NATIONAL

    Elle veut une « renégociation des traités », coordonnée par un ministère des Souverainetés, au terme de laquelle la France retrouverait la « maîtrise de ses frontières », reviendrait à la « primauté du droit national ». Marine Le Pen prône le retour au franc et une « contribution nette nulle au budget européen ». Elle ne dit pas vouloir quitter l'Union européenne. Mais elle parle d'« association libre d'États européens partageant la même vision et les mêmes intérêts », en matière d'immigration, d'échanges extérieurs et de circulation des capitaux.


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